Résumé de la décision
La société Centre Ouest Boissons (SCOB) a contesté des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui lui avaient été notifiés après une vérification par l'administration fiscale. Cette vérification avait conclu que la société avait participé à des opérations fictives formant un circuit de facturation frauduleuse. La SCOB a soutenu que la relaxe du dirigeant par le tribunal correctionnel était un événement nouveau qui devait rouvrir le délai de réclamation, ce qui a été rejeté par la cour administrative d'appel de Bordeaux et confirmé par le Conseil d'État.
Arguments pertinents
1. Délai de réclamation : Selon l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales, une réclamation doit être faite dans un certain délai après la réalisation d'un événement motivant la réclamation. Le Conseil d'État a souligné que seuls les événements influant sur le bien-fondé de l'imposition peuvent constituer un nouveau point de départ pour ce délai.
- Citation : « Seuls doivent être regardés comme constituant le point de départ du délai ainsi prévu les événements de nature à exercer une influence sur le bien-fondé de l'imposition, soit dans son principe, soit dans son montant. »
2. Nature des événements : Le jugement du tribunal correctionnel a constaté que la SCOB avait été impliquée dans un schéma frauduleux de type « carrousel de TVA », invalidant ainsi sa demande de déduction de la TVA. La cour a conclu que la relaxe du gérant M. A... ne remettait pas en cause la qualification des transactions comme fictives.
- Citation : « La cour a jugé que ce jugement ne concernait pas la société mais M. B...A... et qu'il n'avait pas remis en cause l'existence d'un circuit de factures fictives auquel la société SCOB avait participé. »
3. Erreur de droit : Le Conseil d'État a statué que la cour administrative n’avait pas commis d'erreur de droit dans son interprétation des faits liés à la relaxe du gérant. L’interprétation des juges concernant les relations entre les faits et leur impact sur l'imposition a été jugée correcte et suffisante.
- Citation : « En en déduisant qu'il ne pouvait donc constituer, au sens du c) de l'article R. 196-1 précité, un événement de nature à lui ouvrir un nouveau délai de réclamation, la cour n'a pas commis d'erreur de droit. »
Interprétations et citations légales
1. Code des procédures fiscales - Article R. 196-1 : Cet article précise que les réclamations doivent être présentées dans les délais impartis et que seuls certains événements peuvent les relancer. Il établit donc un cadre strict pour la recevabilité des recours en matière fiscale. La cour a correctement appliqué ce cadre pour évaluer la demande de la SCOB.
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article dispose que les frais engagés par une partie ne peuvent être mis à la charge de l'État que si celui-ci est la partie perdante dans le litige. Comme l'État n'était pas considéré comme perdant dans cette affaire, il n'y a pas eu lieu d’allouer les frais de justice à la charge de l'État.
- Citation : « Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. »
L'ensemble de ces éléments souligne l'importance de respecter les procédures et les délais établis par le législateur en matière fiscale, ainsi que la nécessité de prouver l'influence d’événements sur le bien-fondé des réclamations fiscales.