Résumé de la décision
La décision porte sur une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par l'Assemblée des départements de France concernant les dispositions de l'article L. 4251-16 du Code général des collectivités territoriales. Cet article subordonne l'exécution des schémas régionaux de développement économique, d'innovation et d'internationalisation à l'approbation préalable du représentant de l'État dans la région. L'Assemblée soutenait que cette disposition méconnaissait le droit à la libre administration des collectivités territoriales garanti par l'article 72 de la Constitution. Après examen, le Conseil d'État a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer la question au Conseil constitutionnel, considérant que la question n'était pas nouvelle et ne présentait pas un caractère sérieux.
Arguments pertinents
1. Constitutionnalité et libre administration : L'Assemblée des départements de France a avancé que l'article L. 4251-16 du Code général des collectivités territoriales entrave la libre administration des collectivités en subordonnant des actes de l'administration territoriale à l'approbation d'une autorité étatique. Le Conseil d'État a toutefois noté que :
> "le législateur n'a pas privé de garanties suffisantes l'exercice de la libre administration des collectivités territoriales".
2. Contrôle administratif : Le Conseil a affirmé que le contrôle exercé par le représentant de l'État est justifié et nécessaire pour protéger les intérêts nationaux et assurer la légalité des actes des collectivités :
> "S'assurer du respect... de la légalité, notamment le respect des obligations internationales de la France, et des intérêts nationaux".
3. Caractère sérieux de la question : Les juges ont estimé que la question, bien qu'importante en termes de droits et libertés, ne portait pas un caractère sérieux, car elle reposait sur des arguments déjà examinés et tranchés dans des décisions antérieures.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article 72 de la Constitution : Cet article permet aux collectivités territoriales de s'administrer librement tout en instaurant un contrôle administratif par le représentant de l'État. Le Conseil a précisé :
> "Ces collectivités s'administrent librement par des conseils élus et disposent d'un pouvoir réglementaire pour l'exercice de leur compétence."
2. Contrôle de légalité : Le législateur est autorisé à poser des conditions tout en garantissant l'exercice des prérogatives des collectivités. le Conseil d'État s'est référé à l'analyse des conditions dans lesquelles le représentant de l'État doit agir :
> "Le représentant de l'État... a la charge des intérêts nationaux, du contrôle administratif et du respect des lois."
3. Article L. 4251-16 du Code général des collectivités territoriales : Ce texte organise la procédure d'approbation du schéma régional, précisant les relations entre la région, la métropole, et le représentant de l'État :
> "Le schéma régional... est approuvé par arrêté du représentant de l'Etat dans la région."
En résumé, la décision souligne l'équilibre nécessaire entre l'autonomie des collectivités territoriales et le contrôle de l'État, concluant qu'il n'y a pas lieu de renvoyer cette question au Conseil constitutionnel car ce qui est en jeu ne présente pas un caractère sérieux ou nouveau.