Résumé de la décision
La société Clamax a demandé la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des pénalités afférentes à des provisions réintégrées dans ses résultats fiscaux pour l'exercice 2007. Le tribunal administratif de Paris a partiellement accepté cette demande par un jugement du 14 mai 2013. Toutefois, la cour administrative d'appel de Paris a annulé ce jugement à la demande du ministre de l'économie et des finances, remettant les impositions à la charge de la société. Clamax s'est pourvue en cassation contre cet arrêt. La décision finale a rejeté le pourvoi de la société, confirmant que le délai d'appel du ministre avait été respecté, et n'a pas accordé de condamnation aux dépens à l'État.
Arguments pertinents
1. Notification et délai d'appel : La cour a statué que le jugement du tribunal n'a pas été notifié à l'administration fiscale le 17 mai 2013, malgré la preuve de distribution. La cour a interprété que l'absence de signature sur l'avis de réception le rendait invalide pour établir la date de notification.
- Citation pertinente : « La cour n'a pas dénaturé ces pièces en jugeant qu'elles ne permettaient pas d'établir que le jugement avait été notifié à l'administration fiscale le 17 mai 2013. »
2. Recevabilité de la requête d'appel : Par conséquent, la cour a conclu que la requête d'appel du ministre, enregistrée le 19 mars 2014, était recevable, car le jugement n'avait pas été notifié dans les délais requis, ce qui permettait l'appel.
- Citation pertinente : « Il suit de là qu'en en déduisant que le jugement du tribunal administratif du 14 mai 2013 ne pouvait pas être regardé comme ayant été notifié… le 27 novembre 2013… la cour n'a pas méconnu… »
Interprétations et citations légales
1. Article R. 811-2 du code de justice administrative : Cet article établit un délai d'appel de deux mois qui commence à courir à partir de la notification. Il souligne l'importance de la date de notification pour le début du délai d'appel.
- “Sauf disposition contraire, le délai d'appel est de deux mois. Il court contre toute partie à l'instance à compter du jour où la notification a été faite…”.
2. Article R. 751-3 du même code : Cet article clarifie les modalités de notification des décisions, stipulant que celles-ci doivent être adressées avec accusé de réception afin de garantir leur réception effective.
- “Sauf disposition contraire, les décisions sont notifiées le même jour à toutes les parties en cause et adressées à leur domicile réel… par lettre recommandée avec demande d'avis de réception…”.
3. Article R. 200-18 du livre des procédures fiscales : Cet article définit les procédures concernant le délai dont dispose le ministre pour agir suite à la notification d'un jugement.
- “A compter de la notification du jugement du tribunal administratif… le délai imparti pour saisir la cour administrative d'appel court…”.
4. Arrêté du 7 février 2007 : Ce texte précise que la preuve de distribution doit comprendre la signature de la personne ayant reçu l'envoi.
- “La preuve de distribution doit comporter… les nom et prénom de la personne ayant accepté l'envoi et sa signature…”.
Conclusion
La décision confirme l'importance de la procédure de notification pour le respect des délais d'appel, ce qui est fondamental pour la sécurité juridique et le droit d'appel. La validation de l'interprétation par la cour des preuves de notification illustre l'application rigoureuse des textes de loi par les juridictions administratives. Le rejet du pourvoi souligne également que les procédures administratives doivent être suivies scrupuleusement pour éviter des désagréments fiscaux ultérieurs.