Résumé de la Décision
M. D... a saisi le Conseil d'État d'une requête enregistrée le 25 juin 2019, demandant un sursis à l'exécution d'un arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille du 23 avril 2019, qui annulait un jugement antérieur du tribunal administratif de Bastia. Cet arrêt contesté était fondamental pour la situation professionnelle de M. D..., car il annulait une décision qui avait ordonné sa réintégration dans ses fonctions au sein de la collectivité de Corse. Le Conseil d'État a accordé le sursis à l'exécution de l'arrêt de la cour administrative d'appel, reconnaissant les conséquences pénibles que l'exécution de cet arrêt pourrait avoir pour M. D... et la solidité de ses arguments en cassation.
Arguments Pertinents
1. Conséquences difficilement réparables : M. D... a soutenu que l'exécution de l'arrêt de la cour administrative d'appel entraînerait la perte de son emploi, ce qui n'est pas contesté par la défense. Le Conseil d'État est donc d'avis que cette situation remplit l'une des conditions requises pour le sursis à exécution (article R. 821-5 du code de justice administrative).
2. Sérieux des moyens invoqués : M. D... a également présenté des moyens soutenant que la cour administrative d'appel avait commis des erreurs dans la qualification des faits, notamment en jugeant que le retrait de son arrêté de nomination ne constituait pas un licenciement, et en affirmant que cette décision n'exigeait pas de proposition de reclassement ni de préavis. Le Conseil d'État a reconnu que ces arguments étaient sérieux et pouvaient justifier non seulement l'annulation de l'arrêt attaqué, mais aussi son infirmation.
Interprétations et Citations Légales
Le Conseil d'État s'appuie sur plusieurs textes de loi pour justifier ses décisions :
- Code de justice administrative - Article R. 821-5 : Cet article stipule que "la formation de jugement peut, à la demande de l'auteur du pourvoi, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution d'une décision juridictionnelle rendue en dernier ressort si cette décision risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables".
- Le Conseil d'État note que, selon cet article, les deux conditions à remplir pour ordonner un sursis à exécution sont :
La présence de conséquences difficilement réparables.
La qualité des moyens de droit invoqués par le requérant.
En examinant le cas de M. D..., le Conseil d'État estime que ses risques de perte d'emploi, qui n'ont pas été contestés, appuient la première condition. De plus, les moyens soulevés par M. D... concernant la qualification juridique des décisions antérieures sont jugés sérieux et dignes d'examen.
Ainsi, le Conseil d'État a ordonné le sursis à l'exécution de l'arrêt contesté, en affirmant que les conséquences pour M. D... et la solidité des arguments présentés justifient cette décision.