Résumé de la décision
La décision concerne M. A..., un attaché d'administration de l'éducation nationale suspendu de ses fonctions par un arrêté en 2011. Il a demandé le report de ses congés annuels non pris durant sa période de suspension. Le recteur de l'académie de Lille a rejeté cette demande, estimant que la suspension n'entrait pas dans le cadre des dispositions légales permettant le report des congés. Le tribunal administratif de Lille a annulé cette décision. Le ministre de l'éducation nationale a formé un pourvoi en cassation, qui a été rejeté.
Arguments pertinents
1. Droit au congé : Le tribunal a fondé sa décision sur l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984, qui stipule que "le fonctionnaire en activité a droit : 1° A un congé annuel avec traitement". Le refus du recteur d’accorder le report est jugé illégal parce qu'il ne tient pas compte du droit du fonctionnaire au congé.
2. Interprétation de la suspension : Le tribunal a statué que la période de suspension ne privait pas M. A... de ses droits à congé. Il a considéré que le rejet du recteur, fondé sur l'interprétation restrictive des dispositions légales, était erroné.
3. Non-fondement du recours : Le ministre n’a pas réussi à démontrer, selon le tribunal, que M. A... avait effectivement perdu son droit aux congés à cause de sa suspension, établissant ainsi que sa décision de refus n'était pas justifiée.
Interprétations et citations légales
Article 30 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 : Cet article précise que "le fonctionnaire suspendu conserve son traitement...". Cela signifie que le fonctionnaire a ses droits préservés pendant la suspension.
Article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 : Cet article précise que "le fonctionnaire en activité a droit : [...] à un congé annuel avec traitement". Cette mention souligne que, même pendant une suspension, le droit au congé reste intact.
Décret n° 84-972 du 26 octobre 1984 - Article 5 : "Le congé dû pour une année de service accompli ne peut se reporter sur l'année suivante, sauf autorisation exceptionnelle donnée par le chef de service". Cela instaure le principe du non-report des congés, mais cette clause s’applique dans un contexte où les congés ont été régulièrement pris ou autorisés.
Conclusion
En résumé, la décision recurrente établit que le droit à congé annuel d’un fonctionnaire est maintenu même en cas de suspension. Le tribunal a rejeté le pourvoi du ministre, affirmant que l’interprétation des règles de congés par le recteur était incorrecte, rendant légitime la demande de M. A... pour le report de ses congés, ainsi qu'une compensation financière pour le préjudice subi.