Résumé de la décision
La décision concerne la requête de la commune de Chamalières contre un décret ayant redéfini les cantons du département du Puy-de-Dôme, réduisant leur nombre de soixante-et-un à trente-et-un. Chamalières argue que cette redéfinition crée des inégalités dans la représentation des territoires ruraux et nuit au schéma départemental de coopération intercommunale. Toutefois, le Conseil d'État rejette la requête, considérant que le décret est conforme aux exigences légales et ne méconnait aucun principe juridique.
Arguments pertinents
1. Sur la conformité de la délimitation aux exigences légales :
Le Conseil d'État souligne qu'il n'est pas légalement requis que les limites des cantons coïncident avec celles des circonscriptions législatives ou d'autres périmètres administratifs. Ainsi, il déclare que "ni les dispositions citées au point 1, ni aucun autre disposition non plus qu'aucun principe, n'imposent au Premier ministre de prévoir que les limites des cantons coïncident avec celles des circonscriptions législatives".
2. Sur l’égalité de représentation :
Concernant les préoccupations sur l'inégalité de représentation des territoires, le Conseil d'État précise que la commune n'a pas démontré que le décret violait les règles établies par le Code général des collectivités territoriales. Il conclut que "ce moyen doit également être écarté", affirmant ainsi que la redéfinition respecte les bases démographiques appliquées pour la délimitation.
Interprétations et citations légales
1. Code électoral - Article L. 191-1 :
Cet article impose une réduction du nombre de cantons par rapport à 2013, avec des minima selon la population du département. Il sert de fondement pour justifier le décret qui redéfinit les cantons. La disposition précise : "Le nombre de cantons dans chaque département comptant plus de 500 000 habitants ne peut être inférieur à dix-sept."
2. Code général des collectivités territoriales - Article L. 3113-2 :
Cet article décrit les conditions de création, de modification et de suppression de cantons. Les paragraphes pertinents stipulent que les limites des cantons doivent être "définies sur des bases essentiellement démographiques" et que "la modification des limites territoriales des cantons effectuée en application du I est conforme aux règles suivantes". Cela étaye la légalité du décret attaqué, puisque le Conseil d'État confirme que le décret respecte bien ces règles.
3. Sur la question de la coopération intercommunale :
La décision clarifie qu'aucune exigence légale ne lie nécessairement les limites des cantons aux schémas de coopération intercommunale, rendant ainsi irrecevable l'argument de Chamalières. Le Conseil d'État conclut que le déséquilibre allégué par la commune n'a pas d'impact légal pertinent sur la validité du décret.
Conclusion
La décision du Conseil d'État rejette la requête de la commune de Chamalières, affirmant que la nouvelle délimitation des cantons respecte les exigences du Code électoral et du Code général des collectivités territoriales. Les préoccupations soulevées par la commune sont jugées sans fondement légal suffisant pour remettre en cause la légalité du décret.