Résumé de la décision
À l'issue des élections consulaires du 24 mai 2014 à Mexico, M. D..., leader de la liste " Rassemblement des patriotes ", a demandé l'annulation des opérations électorales en raison d'irrégularités constatées dans le bureau de vote de Puebla. Il a notamment invoqué l'impossibilité pour sa déléguée, malgré sa désignation régulière, d'exercer ses fonctions de contrôle. Après examen, le jugement a constaté que cette irrégularité conférait un caractère problématique au scrutin dans ce bureau. Néanmoins, il a été établi que les résultats des élections seraient restés inchangés même si les suffrages invalidés avaient été attribués à l'une des listes concurrentes. Par conséquent, la protestation de M. D... a été rejetée.
Arguments pertinents
1. Droit de contrôle des opérations électorales : Selon l'article L. 67 du code électoral, chaque candidat ou son représentant a le droit de contrôler les opérations de vote et d'exiger l'inscription des observations. La déléguée de M. D..., Mme C...F..., a été empêchée d'exercer ce contrôle, ce qui constitue une violation de ce droit : « Tout candidat ou son représentant dûment désigné a le droit de contrôler toutes les opérations de vote... et de décompte des voix... ».
2. Impact sur la sincérité du scrutin : Malgré l'irrégularité constatée, le Tribunal a jugé que cette anomalie n'a pas eu d'incidence sur les résultats finaux des élections. En effet, la méthode de calcul a montré que les résultats demeuraient inchangés après déduction des suffrages du bureau de vote concerné.
3. Preuve d'absence d'impact sur les résultats : Aucune observation émise par l’ensemble des autres délégués n’a permis de corriger le vice lié à l'irrégularité observée, mais cela n’a pas modifié l'issue du scrutin.
Interprétations et citations légales
1. Droit à un contrôle effectif : L'article L. 67 du code électoral, applicable aux élections consulaires par la loi n° 2013-659, souligne l'importance du droit de contrôle des candidats : « [...], de dépouillement des bulletins... ainsi que d'exiger l'inscription au procès-verbal de toutes observations, protestations ou contestations... ». Ce droit est fondamental pour garantir la transparence et la sincérité des élections.
2. Procédure de désignation des délégués : Selon l'article 27 du décret n° 2014-290, chaque liste doit notifier le nom de son délégué au consul, précisant que l'ambassadeur doit en informer les présidents de bureau: « Les noms, prénoms, date et lieu de naissance des délégués doivent être notifiés au plus tard le troisième jour précédant le scrutin... ».
3. Conséquence des irrégularités sur les résultats : La décision s’appuie sur le principe de la modification des résultats électoraux : « il convient... de déterminer quels auraient été les résultats de l'élection dans l'hypothèse où les 50 suffrages invalidés... » Et même après avoir effectué cette analyse, les résultats étaient immuables, justifiant ainsi le rejet de la protestation.
En conclusion, les interprétations des textes de loi ont conduit à l'établissement d'une jurisprudence sur la validité des élections malgré les irrégularités, tant que celles-ci n'influent pas sur les résultats finaux des scrutins.