Résumé de la décision
La fédération nationale des personnels des sociétés d'études, de conseil et de prévention CGT a demandé l'annulation de l'arrêté du 12 mai 2017. Cet arrêté, pris par la ministre du travail, avait pour objet d'étendre certaines dispositions d'un avenant relatif au travail à temps partiel des cadres, concernant la convention collective nationale du personnel des cabinets d'avocats. Le tribunal a annulé cet arrêté, considérant qu'il était basé sur un avenant déclaré illégal par un jugement précédent et qu'il contrevenait ainsi aux dispositions du Code du travail. En conséquence, l'État a été condamné à verser une somme de 3 500 euros à la fédération requérante.
Arguments pertinents
1. Illégalité de l'avenant : Le tribunal a tout d'abord souligné que le jugement du 20 novembre 2018 du tribunal de grande instance de Paris avait annulé l'avenant à l'extension duquel se rattache l'arrêté contesté, en raison de l'illégalité de certaines de ses dispositions :
> « En procédant à l'extension litigieuse, l'arrêté du 12 mai 2017 a méconnu les dispositions de l'article L. 2261-25 du code du travail qui font obstacle à ce que le ministre chargé du travail étende les dispositions d'un accord collectif entachées d'illégalité. »
2. Prise en compte du jugement définitif : Le jugement devenu définitif a eu un impact direct sur la légalité de l'arrêté que la fédération souhaitait voir annulé :
> « Il n'est pas contesté que ce jugement est devenu définitif. »
3. Droit à réparation : L'État a été condamné à indemniser la fédération requérante pour ses frais juridiques :
> « Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros à verser à la fédération nationale des personnels des sociétés d'études, de conseil et de prévention CGT au titre de ces dispositions. »
Interprétations et citations légales
1. Code du travail - Article L. 2261-25 : Cet article stipule que le ministre ne peut étendre des dispositions d'accords collectifs qui sont entachés d'illégalité. Cette interprétation a été cruciale pour le jugement :
> « [...] le ministre chargé du travail étende les dispositions d'un accord collectif entachées d'illégalité. »
2. Impact du jugement d'un tribunal : Le fait qu'un jugement ait été rendu définitif joue un rôle majeur dans la validité des actes administratifs qui s'y rapportent. Cela souligne l'importance des décisions judiciaires dans le cadre du contrôle de la légalité des arrêtés ministériels.
Cette décision montre que les normes en matière de travail à temps partiel des cadres ne peuvent être imposées sans respect préalable des bases juridiques, impliquant une lecture stricte des dispositions légales concernant les accords collectifs.