Résumé de la décision
Dans le cadre d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par le Conseil national des centres commerciaux, le Conseil d'État a examiné les dispositions de l'article L. 752-6 du code de commerce, relatives à l'autorisation d'exploitation commerciale. Le requérant soutenait que ces dispositions portent atteinte à la liberté d'entreprendre, garantie par l'article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Le Conseil d'État a décidé de renvoyer cette question au Conseil constitutionnel, après avoir constaté que les dispositions contestées étaient applicables au litige, n'avaient pas déjà été déclarées conformes à la Constitution et que la question posée présentait un caractère sérieux. En conséquence, il a été décidé de surseoir à statuer sur la requête jusqu'à la décision du Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
Le Conseil d'État s'appuie sur plusieurs points clés pour justifier sa décision :
1. Applicabilité au litige : L'article L. 752-6 du code de commerce est applicable à la demande d'annulation pour excès de pouvoir d'un décret relatif à la composition et au fonctionnement des commissions départementales d'aménagement commercial, ce qui justifie la possibilité d'invoquer une QPC.
2. Non-conformité antérieure : Les dispositions en question n'avaient pas été antérieurement déclarées conformes à la Constitution, ce qui ouvre la voie à un nouvel examen par le Conseil constitutionnel.
3. Caractère sérieux de la question : La question relative à la liberté d'entreprendre, au regard des contraintes imposées par l'article L. 752-6, soulève des interrogations significatives sur la conformité à l'article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, justifiant le renvoi au Conseil constitutionnel.
Ainsi, le Conseil d'État conclut sur l'importance d'évaluer la conformité des dispositions contestées avec les droits constitutionnels, ce qui, selon lui, mérite un examen approfondi par le Conseil constitutionnel.
Interprétations et citations légales
Dans l'interprétation des textes législatifs, le Conseil d'État a mis en lumière plusieurs aspects importants des dispositions contestées :
- Liberté d'entreprendre : Selon l'article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, "la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui". Les critiques formulées par le Conseil national des centres commerciaux portent sur le fait que les exigences de l'article L. 752-6 subordonnent la délivrance d'une autorisation à des conditions qui pourraient être perçues comme une atteinte à cette liberté.
- Évaluation par l'organisme indépendant : L'article L. 752-6 du code de commerce impose une étude d'impact, précisant qu'elle doit être réalisée par un organisme indépendant, soulignant ainsi la volonté du législateur d'inclure une expertise externe dans le processus d'autorisation. Cette exigence est énoncée dans le 3ème alinéa : "Réalisée par un organisme indépendant habilité par le représentant de l'Etat dans le département...".
- Fermeture des friches : Les obligations stipulées aux 3ème et 4ème alinéas du même article L. 752-6, qui imposent au demandeur de prouver qu'aucune friche ne permet l'accueil du projet, sont également critiquées pour leur potentiel impact sur les investissements commerciaux.
Ainsi, l'analyse des dispositions législatives, combinée à la garantie des droits constitutionnels, montre l'importance de la jurisprudence dans la sauvegarde des libertés fondamentales en matière économique. Ces éléments soulignent les enjeux et implications de l'examen de la question prioritaire de constitutionnalité sur le cadre réglementaire des activités commerciales en France.