Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. A..., maître de conférences à l'université d'Aix-Marseille, a été sanctionné par cette dernière pour avoir exercé des activités professionnelles non autorisées. Le 12 septembre 2017, le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) a relaxé M. A... de cette poursuite. L'université d'Aix-Marseille conteste cette décision, demandant son annulation. La décision rendue annule celle du CNESER, renvoie l'affaire à celui-ci et rejette les demandes de dommages-intérêts tant de l'université que de M. A... au titre des frais engagés.
Arguments pertinents
1. Dénaturation des faits : Le CNESER a été critiqué pour avoir décidé de relaxer M. A... en se basant sur l'idée que l'université d'Aix-Marseille ne pouvait ignorer ses activités non autorisées. Le raisonnement du CNESER a été qualifié de dénaturation car il n'y avait pas de preuves suffisantes que l'université ait eu connaissance de la totalité des activités non autorisées de M. A...
Citation pertinente : « [...] en statuant ainsi, alors que le dossier qui lui était soumis ne permettait pas d'établir que l'université d'Aix-Marseille ait eu connaissance de l'intégralité des activités non autorisées de l'intéressé, le CNESER a entaché son appréciation de dénaturation. »
2. Fondement de l'annulation : Compte tenu de l'erreur faite par le CNESER, l'université est fondée à demander l'annulation de sa décision, ce qui est reconnu par la décision rendue.
Citation pertinente : « [...] l'université d'Aix-Marseille est fondée à demander l'annulation de la décision qu'elle attaque. »
3. Frais de justice : La décision prend note que les demandes de frais au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées, tant pour l'université que pour M. A..., en raison des circonstances de l'affaire.
Citation pertinente : « [...] les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'université la somme que demande M. A... »
Interprétations et citations légales
L'analyse de la décision s'appuie sur plusieurs textes de loi, dont :
1. Code de l'éducation : Bien que la décision ne cite pas directement un article spécifique de ce code, elle évoque les obligations d'un enseignant-chercheur d'obtenir une autorisation pour le cumul d'activités. Cela renvoie à l'idée que les liens entre les devoirs de probité et d'autorisation préalable sont essentiels pour le statut des enseignants-chercheurs.
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que les frais et honoraires ne sont pas à la charge de la partie perdante dans le contentieux administratif, si la décision rendue ne prévoit pas expressément cette charge.
Citation directe : « [...] il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A...la somme que demande l'université au titre des mêmes dispositions. »
Ainsi, la décision conclut que l'absence de preuve d'une connaissance complète par l'université des activités de M. A... est une raison suffisante pour annuler la décision de relaxation adoptée par le CNESER, tout en rejetant les demandes de frais des deux parties au regard des circonstances.