Résumé de la décision
La société Année Distribution et plusieurs autres sociétés ont demandé au Conseil d'État de surseoir à l'exécution d’un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes, qui annulait un avis défavorable à la création d'un hypermarché E. Leclerc à Guignen et ordonnait au maire de cette commune de réexaminer la demande de permis de construire. Le Conseil d'État, après avoir examiné la demande, a rejeté la requête au motif que l'exécution de l'arrêt ne risquait pas de causer des conséquences difficilement réparables pour les sociétés requérantes.
Arguments pertinents
1. Nature des conséquences de l'exécution : Le Conseil d'État a statué que l'exécution de l'arrêt de la cour ne pourrait pas entraîner de conséquences difficilement réparables pour les sociétés requérantes. Cette évaluation est essentielle pour déterminer la recevabilité de la demande de sursis à exécution.
- « L'exécution de l'arrêt attaqué… ne peut être regardée comme susceptible d'entraîner de conséquences difficilement réparables… »
2. État d'instruction des moyens : La cour a noté que même si les requérantes soutenaient que des erreurs de droit avaient été commises, cela ne suffisait pas à établir que les motifs avancés pour demander le sursis étaient sérieux.
- « […] alors même que la cour administrative d'appel se serait fondée… sur des motifs entachés d'erreur de droit. »
3. Conclusion sur la requête de sursis : Au regard de ces éléments, la demande de sursis a été rejetée, y compris les conclusions concernant les frais de justice.
- « Par suite, la requête de ces sociétés tendant à ce qu'il soit sursis à l'exécution de cet arrêt ne peut qu'être rejetée… »
Interprétations et citations légales
1. Article R. 821-5 du Code de justice administrative : Cet article régit les conditions de mise en œuvre d'un sursis à exécution, stipulant que deux conditions doivent être remplies : le risque de conséquences difficilement réparables et la pertinence des moyens présentés.
- « La formation de jugement peut, à la demande de l'auteur du pourvoi, ordonner qu'il soit sursis à l'exécution d'une décision juridictionnelle… si cette décision risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables … » (Code de justice administrative - Article R. 821-5)
2. Principes de droit administratif : Le Conseil d'État s'est attaché à des principes bien établis en matière de sursis à exécution, soulignant que la protection des intérêts des requérants doit être équilibrée avec la nécessité d'assurer la légalité des décisions administratives.
- « … et si les moyens invoqués paraissent, en l'état de l'instruction, sérieux et de nature à justifier… »
Cette décision illustre l'importance d'une évaluation rigoureuse des conséquences d'une exécution d'arrêt ainsi que des fondements juridiques d'une requête de sursis à l'exécution, conformément à la législation administrative en vigueur.