Résumé de la décision :
La société Aldi Marché Cavaillon a formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel de Marseille daté du 30 juin 2016. Cet arrêt a annulé un jugement du tribunal administratif de Nîmes qui avait rejeté la demande de M. A..., un salarié protégé, tendant à annuler la décision d'autorisation de son licenciement, ainsi que la décision du ministre du travail rejetant le recours de M. A... L'arrêt a confirmé que le licenciement de M. A... n'était pas conforme aux exigences légales relatives à la protection des salariés protégés, notamment en ce qui concerne la recherche de reclassement sérieux.
Arguments pertinents :
1. La cour a reconnu le principe selon lequel "les salariés protégés bénéficient d'une protection exceptionnelle" prévue par le code du travail. En conséquence, un licenciement ne peut être justifié que si l'employeur a démontré qu'aucune alternative de reclassement ne pouvait être trouvée. La cour a considéré que "les recherches de reclassement effectuées par l'employeur n'avaient pas été sérieuses" malgré un avis d'inaptitude déclarant M. A... inapte "à tout poste dans l'entreprise".
2. La cour a affirmé qu'en appréciant les conditions dans lesquelles les recherches de reclassement avaient été menées, il était "exempt de dénaturation" de conclure que celles-ci n'avaient pas un caractère sérieux.
Interprétations et citations légales :
L'arrêt se fonde sur les dispositions du code du travail, qui stipule que le licenciement des salariés protégés doit respecter des conditions strictes. Selon le Code du travail - Article L. 2411-1, "les salariés protégés ne peuvent être licenciés qu’après une autorisation délivrée par l’administration". La cour souligne que l’administration doit veiller à ce qu’un reclassement ait été sérieusement envisagé, en citant l'exigence que "l’employeur a cherché à reclasser le salarié sur d'autres postes appropriés à ses capacités", par la mise en œuvre de "mesures telles que mutations ou transformations de postes de travail ou aménagement du temps de travail".
Cela souligne le rôle prépondérant du juge de l'excès de pouvoir dans l'évaluation de la légitimité des décisions de licenciement concernant les salariés protégés, dans le cadre d’une "recherche sérieuse" de reclassement auprès des autres entreprises du groupe ou connues, en vertu du droit du travail.
Finalement, la cour a rejeté le pourvoi de la société Aldi, confirmant ainsi l'annulation de la décision d'autorisation de licenciement et l'importance du respect des droits des salariés protégés.