Résumé de la décision
La décision du Conseil d'État concerne un pourvoi formulé par M. A... contre une ordonnance de la présidente de la chambre disciplinaire nationale de l'ordre des médecins, rendue le 6 février 2018. M. A... demandait l'annulation de cette ordonnance, ainsi qu'un sursis à son exécution. Le Conseil d'État a jugé que le pourvoi n'était pas admis, ce qui rendait les conclusions relatives au sursis à exécution sans objet. Par ailleurs, il a été décidé que M. A... ne pouvait obtenir la somme demandée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, étant donné que les parties visées n'étaient pas considérées comme perdantes.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité du pourvoi : M. A... a soutenu que l'ordonnance était entachée d'une erreur de droit, en ce qu'elle avait jugé sa requête irrecevable sans lui permettre de la régulariser. Le Conseil d'État a estimé que "aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi". Ce point souligne l'importance de présenter des arguments juridiques pertinents et convaincants pour qu'un pourvoi soit admis.
2. Droit au recours effectif : M. A... a argué d'une atteinte disproportionnée à son droit au recours effectif, en citant l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme. Le Conseil d'État a néanmoins considéré que les bases de cette allégation n'étaient pas suffisantes pour justifier l'admission du pourvoi.
3. Frais et dépens : Le Conseil d'État a conclu que "les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association du Cotentin d'aide et d'intégration sociale et du conseil départemental de la Manche la somme que demande M. A...", indiquant que la responsabilité des dépens incombe aux parties perdantes dans la procédure.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission", précisant que celle-ci peut être refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est jugé irrecevable ou non fondé sur des moyens sérieux. Cela souligne l'exigence de la rigueur dans le dépôt des pourvois.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article précise les conditions sous lesquelles une partie peut obtenir le remboursement de ses frais de justice. Le Conseil d'État a affirmé que "les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que soit mise à la charge" les autres parties, ce qui signifie que seuls les perdants sont soumis à cette obligation.
Conclusion
La décision du Conseil d'État démontre la rigueur des critères d'admission des pourvois, ainsi que l'importance de la solidité des fondements juridiques avancés en cas de contestation. Elle rappelle également que les frais de justice sont à la charge des parties perdantes, selon des dispositions légales précises.