Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme B... A... a été hospitalisée pour des douleurs mictionnelles et épigastriques, conduisant à une laparotomie exploratrice. Cette opération a laissé une cicatrice de 18 centimètres sur son abdomen. Suite à un jugement favorable du tribunal administratif de Melun en mai 2015, qui avait condamné l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour manquement à son obligation d'information, la cour administrative d'appel de Paris a annulé cette décision en juillet 2016. Mme A... a formé un pourvoi en cassation. Le Conseil d'État a annulé l'arrêt de la cour administrative d'appel, concluant que l'AP-HP avait effectivement manqué à son obligation d'informer Mme A... des conséquences de l'intervention chirurgicale.
Arguments pertinents
1. Droit à l'information : Le Conseil d'État a rappelé le droit au patient d'être informé sur son état de santé, tel que prévu par l'article L. 1111-2 du code de la santé publique. Il souligne que cette obligation couvre les conséquences de l'acte médical, pas seulement les risques.
2. Erreur de droit : La cour administrative d'appel a été jugée en erreur en déclarant que la cicatrice résultant de l'opération ne devait pas faire l'objet d'information. Le Conseil d'État a considéré que "la cour a commis une erreur de droit" en ne tenant pas compte de cette obligation d'information sur une conséquence pertinente de l'intervention chirurgicale.
3. Conséquences financières : En reconnaissance du manquement de l'AP-HP, le Conseil d'État a ordonné à celle-ci de verser 2 000 euros à Mme A... et une somme identique à son avocat, sous certaines conditions, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Interprétations et citations légales
L'affaire repose principalement sur l'interprétation des dispositions suivantes :
- Code de la santé publique - Article L. 1111-2 : Cet article stipule que "toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé", englobant les différentes conséquences des traitements et interventions proposées. Le Conseil d'État a clarifié que cette obligation d'information ne se limite pas aux risques médicaux, mais inclut également "les conséquences de cet acte".
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article permet l'allocation de frais à la partie gagnante au titre de l'aide juridictionnelle. Le Conseil a appliqué ce principe en obligeant l'AP-HP à verser des dommages-intérêts en réparation du préjudice moral et financier subi par Mme A...
En conclusion, la décision du Conseil d'État établit clairement que le manquement à l'obligation d'information est susceptible de constituer une faute, entraînant des conséquences concernant la réparation des préjudices subis par le patient, conformément aux textes légaux évoqués.