Résumé de la décision
La décision concerne une demande d'annulation par la société Vitse d'une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lille, qui avait rejeté sa plainte contre un arrêté du maire de Santes interdisant la circulation de véhicules de plus de 3,5 tonnes sur certaines voies pendant des horaires spécifiques. La Cour a confirmé l'ordonnance en considérant qu'il n'existait pas de doute sérieux sur la légalité de l'arrêté. En conséquence, la société Vitse a été condamnée à verser 3 000 euros à la commune de Santes.Arguments pertinents
L'arrêt souligne que le maire peut interdire la circulation de certains véhicules pour protéger la tranquillité publique et l'environnement, conformément à l'article L. 2213-4 du Code général des collectivités territoriales. Le juge des référés a jugé que les restrictions de circulation étaient justifiées par la nécessité de réduire les nuisances et risques pour les riverains. La Cour a estimé que l'argument de l'erreur d'appréciation soulevé par la société Vitse ne suffisait pas à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté, affirmant : "le juge des référés [...] n'a pas dénaturé les pièces du dossier".Interprétations et citations légales
Les dispositions de l'article L. 2213-4 du Code général des collectivités territoriales permettent au maire de prendre des mesures pour garantir la tranquillité publique et la protection de l’environnement. Ce texte est interprété dans le sens où la protection de la tranquillité et des riverains prévaut sur les intérêts de circulation commerciale. La décision précise que l'interdiction était limitée dans le temps et proportionnée aux objectifs de sécurité et d'ordre public.Le juge des référés s'appuie sur la notion d'« erreur d'appréciation », une notion cruciale dans le cadre des référés administratifs, indiquant que toutes les décisions doivent être prises en considérant le contexte et les enjeux de sécurité publique. L'article L. 761-1 du Code de justice administrative a également été cité pour établir que, dans cette instance, la commune de Santes, étant la partie gagnante, ne pouvait pas être condamnée aux dépens, conduisant à une condamnation de la société Vitse : "les dispositions de l'article L. 761-1 [...] font obstacle à ce qu'une somme soit mise [...] à la charge de la commune de Santes".