Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme B... conteste un titre exécutoire émis le 11 septembre 2018 par l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions pour le recouvrement d'un forfait de post-stationnement. La commission du contentieux du stationnement payant, par une ordonnance en date du 29 mai 2019, a rejeté sa requête. Mme B... se pourvoit en cassation. Le Conseil d'État annule l'ordonnance de la commission, soulignant que Mme B... a le droit de contester l'obligation de payer la somme réclamée, même si cette contestation implique d'examiner la légalité de l'avis de paiement. L'affaire est donc renvoyée à la commission pour un nouvel examen.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision peuvent être résumés comme suit :
1. Droit de contester : Le Conseil d'État a affirmé que "le redevable qui saisit la commission du contentieux du stationnement payant d'une requête contre un titre exécutoire n'est pas recevable à exciper de l'illégalité de l'avis de paiement" mais licite de contester "l'obligation de payer la somme réclamée par l'administration". Cela signifie que même si le redevable ne peut pas directement attaquer l'avis de paiement dans ce cadre, il peut contester la demande de paiement elle-même.
2. Erreurs de droit de la commission : Le magistrat de la commission avait rejeté la requête de Mme B... en se basant sur la notion erronée que la contestation de l'obligation de paiement impliquait automatiquement une remise en cause de la légalité de l'avis de paiement, ce qui a constitué une "erreur de droit".
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs interprétations des textes de loi ont été appliquées, notamment :
1. Article L. 2333-87 du Code général des collectivités territoriales : Cet article détaille les procédures à suivre pour le redevable d'un forfait de post-stationnement pour contester un avis de paiement, et fixe la voie de recours administrative préalable, précisant que le redevable doit d'abord saisir l'autorité administrative avant de se tourner vers la commission.
2. Article R. 2333-120-35 du même code : Ce texte stipule que le redevable n'est pas recevable à exciper de l'illégalité de l'avis de paiement. Cependant, le Conseil d'État a interprété que cela n'empêche pas de contester l'obligation de paiement elle-même.
Ces articles forment la base légale sur laquelle le Conseil d'État a fondé sa décision. L'interprétation donnée par la haute juridiction clarifie la distinction entre contester l'avis de paiement et contester l'obligation de paiement, ce qui est essentiel pour préserver les droits des redevables dans de telles procédures.
En conclusion, le Conseil d'État a reconnu l'erreur de la commission et a réaffirmé le droit de Mme B... à contester le titre exécutoire sans se voir exclue de toute possibilité d'argumenter sur la somme réclamée. Cette décision renvoie ainsi l'affaire à la commission du contentieux pour un réexamen.