Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme B... conteste un titre exécutoire émis le 11 septembre 2018 par l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions, concernant un forfait de post-stationnement de 15 euros, accompagné d'une majoration de 50 euros. La première instance, par une ordonnance du 29 mai 2019, rejette sa requête. En cassation, la Cour considère que le rejet de la requête était erroné sur un point de droit, entraînant l'annulation de l'ordonnance. L'affaire est donc renvoyée à la commission du contentieux du stationnement payant pour nouvel examen, sans frais supplémentaires pour Mme B... au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de la contestation : La Cour a statué sur la possibilité pour un redevable de contester le bien-fondé d'un titre exécutoire, affirmant que le redevable peut contester ce titre même s'il n'a pas préalablement contesté l'avis de paiement. Le jugement souligne que "ces mêmes dispositions ne font pas obstacle à ce que l'intéressé conteste, dans le cadre d'un litige dirigé contre le titre exécutoire, l'obligation de payer la somme réclamée par l'administration."
2. Erreur de droit : La Cour a jugé que le magistrat a commis une "erreur de droit" en considérant que Mme B... ne pouvait pas contester l'obligation de paiement en raison de son lien avec l'avis de paiement : "l'ordonnance attaquée [est] entachée, pour ce motif, d'erreur de droit."
3. Renvoi de l'affaire : La décision inclut un renvoi, ce qui souligne que la commission devrait examiner de nouveau la légalité du titre exécutoire contesté par Mme B..., ce qui témoigne du respect des droits de la défense et du droit à un recours effectif.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 2333-87 du Code général des collectivités territoriales : Cet article stipule que le redevable doit en principe saisir l'autorité administrative pour contester une somme mise à sa charge. Cependant, il précise que "en cas d'absence de paiement de sa part dans les trois mois", il peut également contester le titre exécutoire sans avoir nécessairement engagé le recours administratif préalable.
2. Article R. 2333-120-35 du même code : Il est précisé que le redevable qui saisit la commission du contentieux du stationnement payant d'une requête contre un titre exécutoire n'est pas recevable à exciper de l'illégalité de l'avis de paiement. La nuance faite par la Cour indique que cette disposition ne limite pas la possibilité pour un reclamment de contester l'exigibilité de la somme exigée.
3. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cette disposition autorise la mise à la charge des frais d’avocat, mais dans cette affaire, la Cour a décidé qu'il n'y avait pas lieu de mettre à la charge de l'État cette somme pour Mme B..., en raison des circonstances de l'espèce.
En somme, cette décision illustre le principe selon lequel un justiciable doit avoir la faculté de contester la légitimité d'un titre exécutoire, en soulignant la malentendu lié à l'invalidité d'un recours contre l'avis de paiement. Cela représente un point important dans le droit administratif, visant à garantir les droits des citoyens face aux décisions administratives.