Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société Casa a fait l'objet d'une procédure d'expulsion ordonnée par le juge des référés le 17 janvier 2001. Elle a demandé une indemnisation à l'État pour le préjudice causé par le refus du concours de la force publique à partir du 13 mai 2015, considérant que ce défaut de force publique lui était préjudiciable. Le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a rejeté sa demande d’indemnité comme tardive dans un jugement du 16 mai 2019. La société Casa a alors formé un pourvoi en cassation contre ce jugement. La décision de la haute juridiction a annulé le jugement du tribunal administratif, reconnaissant une erreur de droit dans le raisonnement qui conduisait à sa décision.
Arguments pertinents
1. Principe de sécurité juridique : Le jugement attaqué s’est fondé sur l’idée selon laquelle un destinataire d'une décision administrative doit saisir le juge dans un délai raisonnable, généralement dans un an, pour toute contestation. Cependant, il a été précisé que ce principe ne s'applique pas dans les situations où la responsabilité d’une personne publique est engagée et où une réclamation préalable est nécessaire.
Citation pertinente : "Le destinataire d'une décision administrative individuelle [...] doit, s'il entend obtenir l'annulation ou la réformation de cette décision, saisir le juge dans un délai raisonnable, qui ne saurait, en règle générale et sauf circonstances particulières, excéder un an."
2. Erreur de droit : Le tribunal administratif a erronément appliqué le principe de la sécurité juridique à une demande d'indemnisation, en considérant à tort que le silence de l'administration sur la demande d'indemnisation entraîne un rejet implicite.
Citation pertinente : "Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus qu'en statuant ainsi, le tribunal administratif a commis une erreur de droit."
Interprétations et citations légales
1. Loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 : Cette loi concerne la prescription des créances envers l'État et les collectivités publiques. Dans le contexte de la décision, elle clarifie que, bien qu’il existe un délai pour contester des décisions administratives, il y a une distinction entre les délais applicables aux recours pour annulation ou réformation et ceux concernant la mise en œuvre de la responsabilité de l'État.
Article pertinent : Loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968, applicable à la Nouvelle-Calédonie par l'article 11.
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article stipule que la perte pour une partie qui a gagné peut être compensée par une somme à verser par l'État. Ainsi, il justifie la décision de l'État de verser une indemnité à la société Casa à la suite de l'annulation du jugement.
Citation directe : "Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros à verser à la société Casa au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative."
En conclusion, la décision a permis de clarifier les règles relatives à la contestation des décisions administratives et la réparation des préjudices causés par des défauts dans l'exécution des actes administratifs.