Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme D... C... et l'UDAF de l'Essonne ont formé un pourvoi en cassation contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Douai, qui avait statué sur l'indemnisation des besoins en assistance par tierce personne de Mme E... C... pour une période allant du 27 décembre 1998 au 30 mai 2018 et au-delà. Le Conseil d'État a décidé d'admettre partiellement le pourvoi, autorisant l'examen des conclusions relatives à l'indemnisation des besoins d'assistance pour la période mentionnée et pour les besoins futurs, tout en rejetant le surplus des conclusions.
Arguments pertinents
1. Dénaturation des pièces du dossier : Les requérants soutiennent que la cour a dénaturé les éléments présentés dans le dossier, en affirmant que l'absence d’aide financière pour couvrir les frais d'assistance par tierce personne n'était pas établie pour la période concernée.
> "Le pourvoi est fondé sur la dénaturation des pièces du dossier en ce qu'il estime que l'absence de perception de toute aide destinée à couvrir les frais d'assistance par tierce personne n'est pas établie pour la période comprise entre le 27 décembre 1998 et le 30 mai 2018."
2. Erreur de droit : Les conclusions d'appel soulignent que la cour a commis une erreur de droit en rejetant les demandes d'indemnisation sous prétexte de l'absence d'aide pour la période en question.
> "Il juge que, faute d'établir l'absence de perception de toute aide pour cette période, Mme C... ne justifie d'aucun préjudice au titre des frais d'assistance par tierce personne."
3. Indemnisation des besoins futurs : L'arrêt attaque également la décision de la cour sur la nécessité d’établir les besoins futurs en assistance, arguant que cela ne devrait pas être conditionné à l'apparition effective de tels besoins.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article précise que le pourvoi en cassation doit faire l'objet d'une procédure préalable d'admission, où le refus peut être prononcé si le pourvoi est irrecevable ou non fondé sur des moyens sérieux.
> "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux."
2. Évaluation des préjudices : Les interprétations des juges doivent veiller à ne pas méconnaître les droits des parties à obtenir une indemnisation des préjudices subis, même lorsque des aides sont perçues. Cela résulte de l'obligation de réparation complète du préjudice.
3. Considérations sur l'assistance par tierce personne : Le Conseil d'État a considéré que les besoins en assistance ne peuvent être écartés uniquement en raison de la perception de revenus d'une activité professionnelle dans une structure d’aide, ce qui pourrait potentiellement minorer les droits à indemnisation.
L’analyse de ces textes et décisions met en exergue l’importance d’une évaluation adéquate et complète des préjudices subis dans le cadre de l’indemnisation, ainsi que la nécessité pour les juridictions administratives de ne pas restreindre les droits des personnes en matière d'indemnisation pour assistance, indépendamment d’aides perçues.