Résumé de la décision
L'affaire concerne la demande de relogement de M. B..., qui avait été déclaré prioritaire par la commission de médiation du département des Hauts-de-Seine en décembre 2014, mais n'avait reçu aucune proposition de logement. Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint le préfet de reloger M. B... sous astreinte. M. B... a ensuite demandé une indemnisation pour dommages causés par la carence de l'État à assurer son relogement. Le Conseil d'État a annulé le jugement du tribunal administratif, estimant que l'État avait carencé dans son obligation de relogement de M. B... du 17 juin 2015 jusqu'à son relogement effectif le 7 septembre 2017. Il a condamné l'État à verser 800 euros à M. B... et 2 000 euros à son avocat.
Arguments pertinents
1. Carence de l'État dans son obligation de relogement : Le Conseil d'État a rappelé que l'obligation de relogement de l'État est fondée sur des prescriptions légales précises. L'absence de relogement rapide de M. B..., comme l’avait décidé la commission de médiation, témoigne d'une carence de l'administration. En effet, « la période de responsabilité de l'État [doit] être prise en compte à partir du 17 juin 2015 jusqu'au jour où celui-ci a été relogé » (point 5).
2. Erreurs de droit du tribunal administratif : Le Conseil d'État a pointé que « le tribunal administratif a commis une erreur de droit » en considérant que M. B... avait fait obstacle à l'exécution de la décision de la commission de médiation simplement parce qu'il avait été radié de la liste des demandeurs, sans enquêter sur la nature de cette radiation. Cela renforce le principe que la responsabilité de l'État ne peut être écartée sans justifications claires (point 3).
3. Indemnisation due à M. B... : Le tribunal a ensuite décidé que la somme réparatrice de 800 euros était juste compte tenu des troubles de toute nature subis par M. B... en raison des retards dans son relogement dû à la carence de l'administration (point 5).
Interprétations et citations légales
1. Lien avec le Code de la construction et de l'habitation :
- Code de la construction et de l'habitation - Article L. 300-1 : Cela établit le droit à un logement décent et indépendant garanti par l'État. Pour le requérant, cette garantie ne se matérialise pas si l'État n'exécute pas ses obligations en temps utile.
- Code de la construction et de l'habitation - Article L. 441-2-3 : "Dans un délai fixé par décret, la commission de médiation désigne les demandeurs qu'elle reconnaît prioritaires..." Insistant ici sur l'urgence et l'impératif de la réponse de l'État à une demande reconnue prioritaire.
2. Responsabilité de l'État et comportement du demandeur :
- L'arrêt souligne que la situation de radié ne suffit pas à dégager l'État de sa responsabilité : « [Cette situation] ne s’analysait ni comme une renonciation à la demande ni comme un comportement faisant obstacle à l’exécution de l’obligation de relogement » (point 5). Cela met en lumière l'importance de l'analyse des faits avant de conclure à une carence.
En somme, la décision du Conseil d'État illustre les obligations légales de l'État envers les citoyens en matière de logement, et souligne que le non-respect de ces obligations malgré des déclarations de priorité peut entraîner des conséquences juridiques.