Résumé de la décision
Le Conseil d'État a annulé la décision implicite du Premier ministre qui refusait de prendre un décret permettant l'inscription automatique des infirmiers au tableau de l'ordre, comme prévu par les dispositions de l'article L. 4311-15 du code de la santé publique. Suite à cette annulation, le Conseil d'État a ordonné au Premier ministre de prendre le décret dans un délai de six mois et a prévu une astreinte de 500 euros par jour en cas de non-exécution. De plus, l'État a été condamné à verser 3 000 euros au conseil national de l'ordre des infirmiers au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Exécution des lois et pouvoir réglementaire : Le Conseil d'État rappelle que selon l'article 21 de la Constitution, le Premier ministre a non seulement le droit, mais aussi l'obligation de prendre les mesures nécessaires à l'application des lois dans un délai raisonnable. En l'espèce, le Conseil souligne que « l'intervention du décret prévu par ces dispositions législatives est nécessaire à leur mise en œuvre ».
2. Délai raisonnable : Le Conseil d'État constate que, à la date du refus, le délai raisonnable était expiré, ce qui justifie l'annulation de cette décision. Il est explicité que le Premier ministre aurait dû agir pour permettre la mise en application de la loi, ce qui n'a pas été le cas.
Interprétations et citations légales
- Article L. 4311-15 du code de la santé publique : Les huitième et neuvième alinéas de cet article stipulent que « L'ordre national des infirmiers a un droit d'accès aux listes nominatives des infirmiers... Ces listes nominatives sont notamment utilisées pour procéder, dans des conditions fixées par décret, à l'inscription automatique des infirmiers au tableau tenu par l'ordre ». Cela montre que l'inscription automatique nécessite une réglementation précise qui n'a pas été mise en place.
- Article 21 de la Constitution : Cet article pose le principe selon lequel le Premier ministre assure l'exécution des lois et doit par conséquent, effectuer les mesures qui en découlent, ce qui renforce l'idée que l'absence de décret constitue un manquement à ses obligations.
Cette décision du Conseil d'État illustre le principe selon lequel les autorités doivent agir pour garantir l'application effective des lois, en empêchant ainsi une inertie réglementaire qui pourrait nuire aux professionnels concernés. En cas de manquement, des mesures comme l’astreinte sont mises en place pour encourager l'exécution des décisions judiciaires et administratives.