Résumé de la décision
La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a constaté que Mme B... et M. D..., candidats à l'élection départementale de Lorient-1, n'avaient pas déposé leur compte de campagne dans le délai imparti par l'article L. 52-12 du code électoral. En conséquence, le tribunal administratif de Rennes a jugé qu'ils n'étaient pas éligibles pour une durée de dix mois. Mme B... a fait appel de cette décision. La décision rendue par le juge d'appel a annulé la déclaration d'inéligibilité, considérant que le retard dans le dépôt du compte de campagne était dû à une erreur de l'expert-comptable et que toutes les diligences avaient été prises pour se conformer aux exigences légales.
Arguments pertinents
1. Manquement procédural et circonstances atténuantes : La décision souligne que le compte de campagne a été déposé en retard, mais que Mme B... et M. D... avaient pris des dispositions pour un dépôt dans les délais en confiant cette mission à un expert-comptable. Celui-ci a reconnu avoir commis une erreur, ce qui a conduit le tribunal d'appel à conclure que le manquement n’était pas délibéré.
Citation pertinente : "le compte de campagne de Mme B...et M. D...n'a été déposé à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques que le 1er juin 2015, alors que le délai... avait expiré le 29 mai ;"
2. Conséquences de l'erreur dans le dépôt : Le tribunal a tenu compte de la nature des règles méconnues ainsi que des circonstances entourant le manquement, concluant que la mesure d'inéligibilité était disproportionnée au regard du montant des dépense respectant le plafond légal.
Citation pertinente : "Saisi dans les mêmes conditions, le juge de l'élection peut prononcer l'inéligibilité... qui n'a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits."
Interprétations et citations légales
L'analyse des dispositions légales montre une certaine rigidité des règles électorales, mais également une reconnaissance des circonstances particulières pouvant atténuer les sanctions.
1. Code électoral - Article L. 52-12 : Cet article impose aux candidats l'obligation de déposer un compte de campagne dans un délai précis. Toutefois, la disposition laisse entendre que ce dépôt doit pouvoir être effectué par un professionnel (expert-comptable), ce qui introduit une troisième partie responsable.
Citation directe : "Chaque candidat ou candidat tête de liste... est tenu d'établir un compte de campagne... Au plus tard avant 18 heures le dixième vendredi suivant le premier tour de scrutin... le compte de campagne est présenté par un membre de l'ordre des experts-comptables..."
2. Code électoral - Article L. 118-3 : Les pouvoirs du juge de l'élection concernant l'inéligibilité, en cas de manquement aux règles sur les comptes de campagne, témoignent d'une certaine nécessité de justice même dans l'application rigoureuse des règles. Le juge peut prononcer l'inéligibilité après avoir tenu compte de la nature du manquement et des circonstances.
Citation directe : "Le juge de l'élection peut prononcer l'inéligibilité... de candidats qui n'a pas déposé son compte de campagne dans les conditions et le délai prescrits…"
En conclusion, bien que le non-respect de la procédure de dépôt ait conduit à une sanction initiale, la justice administrative a pris une décision équitable en considérant la nature non délibérée du manquement et les efforts déployés pour se conformer à la loi.