Résumé de la décision
L'association Force 5 et d'autres ont soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant la légalité des dispositions du code de l'environnement qui stipulent que l'étude d'impact d'un projet doit être réalisée par le pétitionnaire ou le maître d'ouvrage, arguant que cela contrevient à l'article 7 de la Charte de l'environnement. Le Conseil d'État, après examen, a conclu que cette question n'était pas nouvelle et n'avait pas un caractère sérieux. En conséquence, il a décidé de ne pas renvoyer cette question au Conseil constitutionnel.
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Arguments pertinents
1. Absence de caractère sérieux de la question soulevée : Le Conseil d'État a souligné que la question relative à l'indépendance de l'étude d'impact n'est pas nouvelle et n'éveille pas un enjeu juridique sérieux. Ainsi, la nécessité de l'envoyer au Conseil constitutionnel n'est pas justifiée.
- Citation pertinente : « la question soulevée, qui n'est pas nouvelle, ne présente, en tout état de cause, pas un caractère sérieux. »
2. Marge d'appréciation du législateur : Le Conseil d'État a reconnu que le législateur dispose d'une marge d'appréciation pour déterminer comment mettre en œuvre les dispositions de l'article 7 de la Charte de l'environnement. Il a également noté que le code de l'environnement prévoit une consultation de l'autorité compétente qui peut garantir l'objectivité des éléments présentés.
- Citation pertinente : « au regard de la marge d'appréciation dont dispose le législateur, les dispositions critiquées ne peuvent pas être regardées comme méconnaissant cet article. »
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Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article 23-5 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 : Cet article donne le cadre juridique permettant de soulever une QPC devant le Conseil d'État. Il précise que la question doit être applicable au litige et ne pas avoir été déjà déclarée conforme à la Constitution.
- Ordonnance n° 58-1067 - Article 23-5 : “Le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé...”
2. Article L. 122-1 du code de l'environnement : Cet article impose des études d'impact pour les projets ayant des conséquences notables sur l'environnement. Il établit également que ces études doivent être soumises à avis d’autorité compétente pour garantir un contrôle de leur pertinence.
- Code de l'environnement - Article L. 122-1 : “Les projets de travaux... susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement... sont précédés d'une étude d'impact."
3. Article 7 de la Charte de l'environnement : Cet article souligne le droit du public d'accéder à l'information environnementale et de participer à l'élaboration des décisions publiques. Le Conseil d'État a interprété que cette participation ne nécessite pas obligatoirement une étude d'impact réalisée par un tiers indépendant du pétitionnaire.
- Charte de l'environnement - Article 7 : “Toute personne a le droit, dans les conditions et limites définies par la loi, d'accéder aux informations relatives à l'environnement...”
En conclusion, la décision du Conseil d'État repose sur des considérations juridiques claires concernant le rôle du législateur en matière d'études d'impact, tout en affirmant que les solutions mises en place respectent le cadre de la Charte de l'environnement et n'appellent pas une révision par le Conseil constitutionnel.