Résumé de la décision
M. C... a saisi le Conseil d'Etat en demandant l'annulation d'une décision implicite du Premier ministre, qui a refusé d'introduire dans le code de commerce une disposition selon laquelle un greffier de tribunal de commerce serait déchu de plein droit de ses fonctions en cas de condamnation pénale pour des agissements contraires à l'honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs. Le Conseil d'État a décidé de rejeter sa requête, considérant que le pouvoir réglementaire n'a pas méconnu sa compétence et que la déchéance ne pouvait être instaurée que par la loi.
Arguments pertinents
1. Incompétence du pouvoir réglementaire : Le Conseil d'État a affirmé que le dispositif de déchéance de plein droit des fonctions de greffier de tribunal de commerce ne pouvait pas être prévu par le règlement, citant que "la déchéance de plein droit ne pourrait, en tout état de cause, être prévue que par la loi".
2. Nature des sanctions disciplinaires : Il a été souligné que, selon l'article L. 743-2 du code de commerce, "Tout manquement d'un greffier de tribunal de commerce à l'honneur, à la probité, à la dignité et aux devoirs de sa charge constitue une faute disciplinaire." Par conséquent, les manquements des greffiers sont régis par des procédures disciplinaires, et non par une déchéance automatique.
Interprétations et citations légales
Le Conseil d'État s'appuie sur plusieurs articles du code de commerce pour justifier sa décision :
1. Code de commerce - Article L. 743-2 : Cet article définit la nature des manquements d'un greffier. La déclaration selon laquelle "Tout manquement … constitue une faute disciplinaire." établit que les comportements inappropriés sont régis par un cadre disciplinaire, excluant de facto l'idée de déchéance de plein droit.
2. Code de commerce - Article R. 743-3 : Les sanctions qui en résultent, allant du rappel à l'ordre à la destitution, montrent que des mécanismes peuvent être mis en œuvre pour sanctionner les greffiers, sans recourir à une déchéance immédiate.
3. Code de commerce - Articles R. 743-16, R. 743-21 et R. 743-58 : Ces articles détaillent les conséquences d'une destitution et du retrait d'honorariat. Ils soulignent que les mesures sont appliquées dans le cadre d'une procédure disciplinaire, visant à protéger la dignité du corps des greffiers et à maintenir l'ordre public.
En résumé, le Conseil d'État a tranché que l'absence d'une disposition de déchéance automatique pour les greffiers de tribunal de commerce en cas de condamnation pénale était conforme à la loi existante, et que toute modification devrait être apportée par voie législative, et non réglementaire.