Résumé de la décision
Dans cette affaire, MM. A... et C... B..., viticulteurs, ont demandé l'annulation d'un décret du 17 octobre 2014 qui modifiait le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée (AOC) "Montravel". Ce décret a intégré certaines communes dans l'aire géographique de l'AOC tout en en excluant d'autres, notamment en retirant la commune de Saint-Seurin de Prats. Le Conseil d'État a rejeté leur requête, considérant que les requérants n'avaient pas démontré leur intérêt à contester certaines exclusions et que les modifications apportées avaient suivi la procédure légale requise.
Arguments pertinents
1. Sur l'irrecevabilité des conclusions : Les requérants ont contesté l'exclusion de la commune de Saint-Seurin de Prats, mais le Conseil a constaté qu'ils ne justifiaient pas d'un intérêt à agir concernant cette commune, les rendant irrecevables.
> "Dès lors qu'ils ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour contester le décret attaqué... les conclusions de leur requête sont sur ce point irrecevables."
2. Sur la conformité à la procédure nationale d'opposition : Les modifications apportées à l'aire géographique ont été effectuées conformément à l'article R. 641-13 du code rural et de la pêche maritime.
> "Il ressort des pièces du dossier que les modifications de l'aire géographique introduites par le décret attaqué ont été soumises... à la procédure nationale d'opposition."
3. Sur l'impact des modifications sur les producteurs : Bien que la modification aurait pu impacter des producteurs de Lamothe-Montravel, cela ne concernait pas ceux exerçant sur le territoire de Saint-Seurin de Prats.
> "les producteurs exploitant des parcelles situées sur le territoire de cette commune ne sont pas concernés par les modifications... qui n'affectent que les viticulteurs exerçant leur activité sur le territoire de la commune de Saint-Seurin de Prats."
4. Sur les allégations de détournement de procédure : Les arguments avancés par les requérants concernant un détournement de procédure et la méconnaissance du principe d'égalité étaient insuffisamment étayés.
> "ces moyens ne sont pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé."
Interprétations et citations légales
Le Conseil d'État s'est appuyé sur plusieurs textes de loi pour fonder sa décision.
1. Code rural et de la pêche maritime - Article R. 641-13 : Cet article impose que les modifications apportées à l'aire géographique d'une AOC doivent suivre une procédure d'opposition garantissant la possibilité de s'y opposer.
> "les modifications de l'aire géographique introduites par le décret attaqué ont été soumises... à la procédure nationale d'opposition."
2. Sur le droit d'agir : Le Conseil a rappelé que seuls les acteurs affectés directement par les modifications peuvent revendiquer une compétence à contester ces décisions administratives, ce qui est fondamental en matière de contentieux administratif.
> "les conclusions de leur requête sont sur ce point irrecevables."
En résumé, le Conseil d'État a considéré que les modifications apportées par le décret en question étaient conformes à la législation et, par l'absence de qualité d'action des requérants, a rejeté leur requête. Les producteurs n’étaient pas affectés dans la mesure où ils n'exercent pas leur activité dans les communes exclues, ce qui a été déterminant dans l'évaluation de l'intérêt à agir.