Résumé de la décision :
La décision concerne l'extradition de M. B...A..., un ressortissant albanais, accordée par décret du 9 juillet 2015 en raison de faits d'assassinat et de détention d'armes. M. A... contestait cette extradition, soutenant qu'il bénéficiait d'une protection subsidiaire en France, ce qui interdit une telle mesure. Le tribunal a annulé le décret d'extradition, affirmant que la protection subsidiaire conférait à M. A... une protection qui empêchait légalement son extradition tant qu'elle n'était pas révoquée.
Arguments pertinents :
1. Protection subsidiaire et extradition : La décision met en avant que M. B...A... bénéficiait de la protection subsidiaire définie par l'article L. 712-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui stipule que « le bénéfice de la protection subsidiaire est accordé à toute personne… qui établit qu'elle est menacée… ». Cela signifie que tant que cette protection était en place, l'extradition ne pouvait pas se réaliser.
2. Obligation d'agir du Gouvernement : Le tribunal insiste sur la responsabilité du Gouvernement d'agir si des doutes existent concernant la protection subsidiaire. « Il appartenait au Gouvernement… de demander à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de mettre fin à la protection subsidiaire… », ce qui souligne l'importance de respecter les droits de protection accordés.
Interprétations et citations légales :
- Protection subsidiaire : L’article L. 712-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que « le bénéfice de la protection subsidiaire est accordé à toute personne qui [...] est exposée, s'agissant d'un civil, à une menace grave, directe et individuelle contre sa vie ou sa personne ». Ce texte consacre le principe des droits fondamentaux, en interdisant l'extradition tant que les conditions de protection ne sont pas modifiées.
- Fin de la protection : Selon l'article L. 712-3 du même code, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides peut mettre fin à cette protection « lorsque les circonstances ayant justifié l'octroi de cette protection ont cessé d'exister... ». Cela indique qu’un changement de circonstances est nécessaire pour justifier une extraterritorialité qui va à l'encontre des droits établis.
Conclusion :
Dans cette décision, le tribunal administratif a clairement affirmé que la protection subsidiaire accordée à M. B...A... jouait un rôle crucial dans la décision relative à son extradition. Les textes du code relatifs à la protection des réfugiés sont interprétés de manière à garantir les droits des individus face aux demandes d'extradition et à établir la prééminence de la protection des droits humains. La décision souligne la nécessité pour l'État de respecter ces principes avant de prendre des mesures extraterritoriales, et de la responsabilité qui lui incombe de demander un réexamen de la situation si nécessaire.