Résumé de la décision :
La décision concerne un pourvoi en cassation de M. et Mme B... contre une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Besançon, qui avait suspendu l'exécution d'un arrêté municipal accordant un permis de construire à la SCI Buliard Mosimann Immobilier. Le Conseil d'État a rejeté le pourvoi, considérant qu'il n'était pas recevable puisque l'ordonnance contestée avait fait intégralement droit à leurs conclusions. En outre, les requérants ont été condamnés à verser 2 000 euros à la commune de Pontarlier au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
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Arguments pertinents :
1. Recevabilité du pourvoi : Le Conseil d'État souligne qu'un requérant n'est pas recevable à se pourvoir en cassation contre une ordonnance ayant fait intégralement droit à sa demande en première instance. Ce point est fondamental en droit administratif, où la notion de recevabilité est stricte. Le juge rappelle que « le dispositif de l'ordonnance attaquée faisant intégralement droit à leurs conclusions, M. et Mme B... n’ont pas intérêt à se pourvoir en cassation contre celle-ci ».
2. Suspension et éléments nouveaux : La décision détaille le mécanisme de suspension prévu par l'article L. 521-1 du code de justice administrative et la possibilité pour le juge des référés de modifier ses mesures en cas d'éléments nouveaux selon l'article L. 521-4. Ainsi, la reconnaissance d’un vice dans la décision de permis de construire, susceptible d’être régularisé par un permis modificatif, constitue un élément nouveau. Par conséquent, la suspension peut prendre fin, ce qui renforce l'idée que la légalité d'une décision administrative est dynamique et sujette à réévaluation.
3. Conséquences financières : En vertu de l'article L. 761-1, le Conseil d'État impose aux requérants de verser une somme à la commune, ce qui illustre l'application des dispositions financières en matière de litige administratif, et reflète une certaine rigueur dans la sanction des recours jugés irrecevables ou abusifs.
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Interprétations et citations légales :
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner la suspension d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un moyen de créer un doute sérieux quant à sa légalité. Cela implique que l’appréciation de l'urgence et de la légalité s'inscrit dans une dynamique de réactivité et de fondement juridique.
- Code de justice administrative - Article L. 521-4 : Cet article permet au juge des référés de modifier ou de mettre fin à ses mesures en cas d'élément nouveau. Il en résulte que la nature même des décisions en référé est destinée à s'adapter au fil du temps aux nouvelles informations, ce qui souligne la flexibilité et la caractère évolutif de l'intervention judiciaire.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article dispose que les frais exposés par une partie dans le cadre d’un litige administratif peuvent être mis à la charge de la partie perdante. Cela a pour but d'assurer une certaine équité dans le traitement des frais de justice, et est appliqué ici pour faire obstacle à un recours jugé abusif.
Dans cette décision, le Conseil d'État souligne un principe essentiel du droit administratif : le respect des voies de recours et l'importance d'un usage diligent et approprié de ces voies par les justiciables.