Résumé de la décision
M. A..., un militaire sous contrat, a demandé au Premier ministre d'abroger l'article R. 4137-29 du code de la défense, qui régit certaines sanctions disciplinaires, notamment l'imposition d'arrêts avec une période d'isolement. Suite à un refus implicite de la part du Premier ministre, il a saisi le Conseil d'État, demandant l'annulation de cette décision et l'injonction d'abroger les dispositions contestées. Toutefois, le Conseil d'État a rejeté sa requête, estimant que la décision du Premier ministre était légale à la date où elle a été prise.
Arguments pertinents
1. Absence de Base Légale après Abrogation : Bien que les dispositions de l'article L. 4137-2 du code de la défense permettant des arrêts avec effet immédiat assortis d'une période d'isolement aient été abrogées par la loi du 20 avril 2016, le Conseil d'État a jugé que la légalité de la décision de refus d'abrogation devait être examinée à la date à laquelle elle a été prise, c'est-à-dire le 20 juillet 2015.
2. Conformité avec l'Habilitation Législative : Le Conseil d'État a également constaté que les dispositions contestées de l'article R. 4137-29 ne dépassaient pas le champ de l'habilitation accordée par l'article L. 4137-2, affirmant que "les dispositions contestées n'ont pas excédé le champ de cette habilitation législative et n'ont donc pas méconnu les dispositions de l'article 34 de la Constitution".
Interprétations et citations légales
1. Article L. 4137-2 du code de la défense : Cet article stipule que "Les sanctions disciplinaires applicables aux militaires sont réparties en trois groupes". Il précise également les types de sanctions, notamment que "les arrêts avec effet immédiat peuvent être assortis d'une période d'isolement". Cette disposition a servi de base légale à l'article R. 4137-29, avant d'être abrogée par la loi n° 2016-483 du 20 avril 2016.
2. Article R. 4137-29 du code de la défense : Cet article détaillait les conditions dans lesquelles des arrêts avec période d'isolement pouvaient être appliqués. Sa légitimité à la date du refus d'abrogation (20 juillet 2015) est centrale dans l'affaire. Le Conseil a en effet observé que ces dispositions étaient conformes à l'habilitation législative en vigueur à cette époque.
3. Article 34 de la Constitution : Le Conseil a indiqué que le refus d'abrogation ne méconnaissait pas les dispositions de l'article 34 de la Constitution qui précise que "la loi fixe les règles concernant [...] les sanctions encourues par les militaires". La conformité des décisions administratives aux exigences constitutionnelles a été un point déterminant pour le rejet de la requête.
Conclusion
En somme, le Conseil d'État a rejeté la requête de M. A..., considérant que le Premier ministre avait légalement exercé son pouvoir en refusant d'abroger l'article R. 4137-29 du code de la défense à la date du refus, en raison de la conformité de cette réglementation avec les lois en vigueur à ce moment-là. Les conclusions de M. A..., tant en annulation qu'en injonction, ont donc été rejetées, tout comme ses demandes de prise en charge des frais par l’État.