Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. A..., adjudant du personnel non navigant de l'armée de l'air, a été radié des cadres par limite d'âge à compter du 8 décembre 2011. Il a contesté cette décision en s'opposant à l'arrêt de la cour administrative d'appel de Douai qui a rejeté son appel contre un jugement du tribunal administratif d'Amiens. La cour a jugé qu'il n'était pas fondé à prétendre pouvoir rester en fonction au-delà de la limite d'âge qui lui était applicable. Le Conseil d'État a confirmé la décision des juges du fond et a rejeté son pourvoi.
Arguments pertinents
Le Conseil d'État a notamment relevé que M. A... se trouvait à moins de neuf ans et un jour de la limite d'âge de son grade au 1er janvier 2005, date à laquelle une disposition transitoire était applicable. Ainsi, la limite d'âge pour M. A..., initialement fixée à quarante-sept ans par la loi n° 72-663 du 13 juillet 1972, a été portée à quarante-neuf ans et quatre mois en vertu des dispositions transitoires. Le Conseil a donc conclu que :
> "la cour administrative d'appel de Douai n'a pas commis d'erreur de droit en jugeant que la limite d'âge de M. A...était régie par les dispositions transitoires du I de l'article 91 de la loi du 24 mars 2005 et non par celles de l'article 90 de la même loi".
Le rejet de l'appel de M. A... s'est basé sur le fait qu'il ne pouvait pas dépasser cette limite d'âge.
Interprétations et citations légales
Cette décision s’appuie sur plusieurs textes législatifs qui précisent les limites d'âge pour les militaires. La loi n° 72-663 du 13 juillet 1972 fixe initialement la limite d'âge à quarante-sept ans. La loi n° 2005-270 du 24 mars 2005 élargit cette limite à cinquante ans, mais avec un dispositif transitoire selon l'article 91, qui stipule :
> "les militaires se trouvant, à la date du 1er janvier 2005, à moins de neuf ans et un jour de la limite d'âge fixée par la loi n° 72-663 du 13 juillet 1972".
Le Conseil d'État interprète cet article en affirmant que ce dispositif transitoire implique que M. A..., étant âgé de quarante-deux ans au 1er janvier 2005, relève de ces dispositions et que sa limite d'âge a été relevée seulement de deux ans plus quatre mois supplémentaires du décret n° 2011-754 du 28 juin 2011.
Cela se traduit par la conclusion suivante dans son raisonnement :
> "un tel motif, par lequel la cour a ainsi constaté que M. A...n'était pas fondé à soutenir qu'il pouvait rester en fonction au-delà de la limite d'âge... justifiait nécessairement... le rejet de l'appel du requérant".
Ainsi, le Conseil d'État confirme la validité du régime transitoire mis en place, affirmant que les règles juridiques établies pour le relèvement progressif des limites d'âge des militaires doivent être respectées, rendant dès lors le pourvoi de M. A... non fondé.