Résumé de la décision
La décision porte sur la contestation de l'élection de deux conseillers municipaux dans la commune de Bieuzy, suite aux opérations de dépouillement du scrutin qui ont eu lieu le 3 juillet 2016. M. C..., candidat élu, conteste la décision du tribunal administratif de Rennes qui a annulé son élection en raison d'un dysfonctionnement dans le dépouillement : le nombre de bulletins dans l'urne excédait d'une unité le nombre des émargements. En conséquence, cet effrangement a conduit à des termes de vote irréguliers. La cour a donc rejeté la requête de M. C..., confirmant l'annulation de son élection.
Arguments pertinents
1. Recevabilité de l'intervention : La cour a estimé que la commune de Bieuzy, bien que partie à l'instance, n'avait pas qualité pour faire appel, rendant son intervention « non recevable ».
2. Règles électorales : En appliquant les dispositions pertinentes du code électoral, la cour a classé l’irrégularité du dépouillement comme centrale au résultat de l'élection. En effet, selon l'article L. 62-1 du code électoral, la copie de la liste électorale et la signature des électeurs sont essentielles pour valider les opérations de vote. Cela mène la cour à conclure qu'« il y a lieu, par suite, quelle que soit l'origine de cette erreur, de retrancher ce suffrage irrégulier du nombre des voix obtenues par les candidats proclamés élus ».
3. Conséquences sur les résultats : Après avoir retiré le vote irrégulier, les résultats ont changé en défaveur de M. C..., ce qui a renforcé l'annulation de son élection : « M. D... et M. C... obtiennent respectivement 136 et 132 voix, alors que M. B..., candidat non élu, a obtenu 133 voix ».
Interprétations et citations légales
1. Code électoral - Article L. 62-1 : Ce texte stipule que « pendant toute la durée des opérations électorales, une copie de la liste électorale certifiée par le maire [...] reste déposée sur la table à laquelle siège le bureau ». Cette règle souligne l'importance de la transparence et de l’exactitude lors des élections. L'irrégularité constatée lors du dépouillement devait donc être prise en compte pour garantir l'intégrité du vote.
2. Code électoral - Article 65 : Ce dernier précise que « dès la clôture du scrutin, il est procédé au dénombrement des émargements ». L'exigence de concordance entre le nombre de votants et le nombre d’enveloppes est fondamentale pour assurer la légitimité des résultats.
3. Code électoral - Article L. 253 : Cet article règle les modalités de vote dans les communes de moins de 3 500 habitants, stipulant le principe de « majorité relative » et la règle de priorité pour le candidat le plus âgé en cas d'égalité. Cette règle, bien que pertinente pour la décision finale, s'ancre dans la problématique plus large de la validité des bulletins.
La cour, par ces réflexions et l'application rigoureuse des textes législatifs, démontre son attachement à la régularité des procédures électorales, essentiel pour maintenir la confiance des citoyens dans le processus démocratique.