Résumé de la décision
La décision du Conseil d'État concerne les requêtes de M. A... et M. D... visant à obtenir l'annulation du décret du 22 décembre 2016, qui définit les attributions de la direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP). Le Conseil d'État a rejeté ces requêtes, considérant que les requérants ne justifiaient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour contester ce décret, car celui-ci n'affecte pas directement les droits et prérogatives des fonctionnaires. La décision met en avant que les requêtes ne sont pas recevables et qu'il n'est pas nécessaire de se prononcer sur les questions de constitutionnalité soulevées.
Arguments pertinents
1. Absence d'intérêt à agir : Le Conseil d'État a mis en avant que le décret contesté ne porte pas atteinte aux droits des fonctionnaires et n'affecte pas leurs conditions de travail. Par conséquent, M. A... et M. D..., se bornant à invoquer leurs qualités respectives de fonctionnaire et d'inspecteur du travail, n'ont pas démontré un intérêt suffisant pour demander l'annulation du décret. Le jugement précisé dans la décision énonce : "M. A...et M. D..., qui se bornent à invoquer... ne justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour déférer ce texte au juge de l'excès de pouvoir".
2. Rejet des questions de constitutionnalité : Le Conseil d'État a également indiqué qu'il n'était pas nécessaire de se prononcer sur le renvoi au Conseil constitutionnel concernant les questions prioritaires soulevées par les requérants, étant donné le rejet de la recevabilité de leurs requêtes.
Interprétations et citations légales
Le Conseil d'État s’appuie sur plusieurs dispositions législatives pour justifier sa décision. Parmi celles-ci, on note :
- Code de justice administrative - Article R. 611-7 : Cet article régit le principe de l'intérêt à agir, selon lequel seul une personne justifiant d'un intérêt peut demander une annulation d'actes administratifs. Le Conseil d'État a appliqué ce principe en déclarant que “le requérant ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation”.
- Ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 - Article 23-5 : Les requérants ont sollicité le renvoi de questions au Conseil constitutionnel en s’appuyant sur cet article, qui traite des conditions dans lesquelles une question de constitutionnalité peut être posée. Le ministre de la fonction publique a soutenu que "les conditions posées par l'article 23-5... ne sont pas remplies".
- Principe d’indépendance de la magistrature : M. D... a soulevé une question relative à ce principe, soutenant que le décret méconnaît cette indépendance ; cependant, le Conseil d'État n'a pas jugé nécessaire de se pencher sur cette question du fait de l'irrecevabilité de la requête.
Ces éléments illustrent comment le Conseil d'État a utilisé les dispositions applicables pour déterminer l'absence d'intérêt à agir des requérants et ne pas entrer dans le fond des questions de constitutionnalité soulevées. La décision démontre ainsi l'importance du principe de l'intérêt à agir dans le contentieux administratif.