Résumé de la décision
La chambre de commerce et d'industrie territoriale (CCIT) de l'Oise a déposé un recours contre une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Lille, qui avait rejeté sa demande de suspension d'une délibération de la chambre de commerce et d'industrie de région (CCIR) Hauts-de-France. Cette délibération modifiait le schéma directeur régional applicable à compter du 1er janvier 2019. Le tribunal a constaté que la demande de suspension était irrecevable en raison du défaut d'urgence, entraînant le rejet du pourvoi de la CCIT de l'Oise, qui a également été condamné à verser 4 000 euros à la CCIR Hauts-de-France au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Omission d'analyse de la question prioritaire de constitutionnalité :
Le tribunal a statué que le juge des référés n'était pas tenu d'examiner la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la CCIT de l'Oise. En effet, celui-ci pouvait rejeter la demande pour incompétence ou défaut d'urgence, sans qu'il soit nécessaire de viser ou analyser cette question. Comme indiqué dans la décision : « le moyen tiré de ce que le juge des référés [...] aurait entaché son ordonnance d'irrégularité [...] doit être rejeté ».
2. Manque d'urgence :
Le juge a jugé que la situation ne caractérisait pas une urgence justifiant la suspension de la décision contestée. Ainsi, il a souligné que le délai d'entrée en vigueur du schéma directeur permettait aux voies de recours d'être exercées efficacement. « le juge des référés n'a pas commis d'erreur de droit en se fondant sur ces éléments pour exclure toute situation d'urgence ».
3. Recours à la motivation souveraine des faits :
Le tribunal a également noté que le juge des référés a exercé son pouvoir d'appréciation des faits de manière souveraine et n'a pas dénaturé ceux-ci. Cela souligne le principe selon lequel le juge des référés est libre d'examiner les éléments de fait, dans la limite de la légalité.
Interprétations et citations légales
1. Sur l'ordonnance de référé :
L'article R. 742-2 du Code de justice administrative précise que les ordonnances doivent mentionner des éléments précis, mais une omission non substantielle n'entraîne pas d'irrégularité. « l'omission du visa d'un tel mémoire n'est pas, par elle-même, de nature à l'entacher d'irrégularité lorsque celui-ci ne comporte pas de conclusions nouvelles ». Cela met en avant la flexibilité accordée au juge des référés quant à la forme des décisions.
2. Défaut d'urgence et appréciation des délais :
La décision sur le principe de l'urgence repose sur l'article L. 521-1 du Code de justice administrative, selon lequel le juge peut rejeter une demande de suspension pour irrégularité. À ce sujet, la possibilité qu'une délibération ne déclenche pas d'effet immédiat est déterminante : « la délibération litigieuse n'entraînant par elle-même aucune conséquence immédiate pour la CCIT de l'Oise ». Cette jurisprudence réaffirme le caractère restrictif des conditions d'urgence.
3. Dépens et frais de justice :
En vertu de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative, la décision condamne la CCIT de l'Oise à verser des sommes pour couvrir les frais d'avocat de la CCIR Hauts-de-France. « que ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise au même titre à la charge de la CCIR Hauts-de-France qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante ». Cela souligne le principe selon lequel les frais sont à la charge de la partie perdante.
Cette analyse illustre le processus décisionnel significatif et les fondements juridiques permettant de comprendre la réaction des juridictions administratives dans des cas de référé et d'urgence.