Résumé de la décision :
M. C... a introduit une action en désaveu contre son avocat, Maître B..., auprès du Conseil d'État, en raison de son insatisfaction concernant la défense de ses intérêts dans le cadre d'un pourvoi contre une ordonnance d'une cour administrative. La décision du Conseil d'État, datée du 15 novembre 2016, rejette cette requête. Le Conseil d'État a statué que l'action en désaveu ne peut être fondée que sur des actes accomplis par l'avocat, et non sur une simple abstention, omission ou carence, ce qui était le cas dans la situation de M. C....
Arguments pertinents :
1. Nature de l'action en désaveu : Le Conseil d'État souligne que selon l'article R. 635-1 du code de justice administrative, le désaveu peut uniquement être engagé contre des actes ayant influé sur le jugement. Il mentionne que "le désaveu ne peut être engagé qu'à l'encontre d'un acte effectivement accompli," ce qui exclut les cas de carence ou d'abstention.
2. Insuffisance des motifs de désaveu : Le requérant allègue qu'un mauvais exercice de la défense par Maître B... constitue un motif valable pour le désaveu. Toutefois, le Conseil d'État estime que ce point, même s'il était reconnu, ne rentre pas dans les cas prévus pour justifier un désaveu. Les raisons invoquées ne sont pas suffisantes pour prouver que les actes effectués ont effectivement influé sur la décision de justice.
3. Procédure sans avocat : De plus, le Conseil d'État rejette la demande de M. C..., notant que celle-ci a été formulée sans le ministère d'un avocat, ce qui est un impératif dans le cadre de la procédure applicable.
Interprétations et citations légales :
L'interprétation de l'article R. 635-1 du code de justice administrative est cruciale dans cette décision. Cet article précise que le désaveu vise à faire annuler des actes qui ont pu influencer un jugement. Il convient de comprendre que :
- Actes cibles du désaveu : Les actes mentionnés incluent des "désistements, des consentements, des aveux, des acquiescements ou des offres," et par conséquent, la simple insatisfaction quant à l'exécution d'un mandat par un avocat ne constitue pas un acte exécutoire ou une décision ayant influencé le verdict.
- Conséquences de la carence : Le Conseil d'État déduit que des imperfections dans la prestation de l'avocat, même si elles sont reconnues, ne justifient pas une action en désaveu si elles se traduisent par une absence d'acte porté devant la juridiction.
Ainsi, cette décision réaffirme le cadre strict dans lequel le désaveu peut être sollicité, soulignant la nécessité d'un acte concret ayant eu un impact sur la décision judiciaire contestée. Cela établit une jurisprudence selon laquelle les reproches à l'encontre d'un avocat doivent se baser sur des éléments tangibles et non sur des impressions d'insatisfaction.