Résumé de la décision
Dans cette affaire, Mme A... a été soumise à une vérification de sa comptabilité pour les années 2005 et 2006, après quoi l'administration fiscale a procédé à une évaluation d'office de ses bénéfices non commerciaux, entraînant des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu. Un arrêt du tribunal administratif de Pau a prononcé la décharge de ces cotisations, concluant que l'opposition à contrôle fiscal par Mme A... n'était pas caractérisée. Le ministre de l'économie et des finances a interjeté appel de cette décision, qui a été rejetée par la cour administrative d'appel de Bordeaux. Celle-ci a été annulée par le Conseil d'Etat, qui a jugé qu'une erreur de droit avait été commise en considérant que la substitution de base légale entraînait une privation de garanties pour la contribuable.
Arguments pertinents
1. Validité de la substitution de base légale : Le Conseil d'Etat a souligné que l'administration peut invoquer un nouveau fondement juridique, à condition que cela ne prive pas le contribuable de ses droits. Il a été établi que « la substitution de base légale sollicitée par le ministre ... n'était susceptible de soulever aucune question nouvelle entrant dans le champ de compétence de la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires. »
2. Droits de la contribuable : Il a été souligné que bien que l'évaluation fût faite par la procédure d'évaluation d'office, Mme A... avait la possibilité de saisir la commission compétente, ce qu'elle avait fait. Le Conseil d'Etat a noté qu’« en jugeant que la substitution de base légale ... conduisait à priver la contribuable d'une garantie attachée à la procédure contradictoire de redressement, la cour administrative d'appel a entaché son arrêt d'une erreur de droit. »
Interprétations et citations légales
1. Substitution de base légale : L'article L. 59 du livre des procédures fiscales stipule que l'administration doit saisir la commission des impôts lorsque le contribuable le demande, et ce, même si la commission se déclare incompétente. Cela implique que « cette erreur n'affecte pas la régularité de la procédure d'imposition. » Cela démontre que le fait que la commission ait été déclarée incompétente ne doit pas être interprété comme une perte de droits pour les contribuables.
2. Droits garantis aux contribuables : Selon l'article L. 74 du livre des procédures fiscales, dans les cas d'opposition à contrôle fiscal, l'administration peut évaluer d'office les bases d'imposition. La question centrale ici est de savoir si la contribuable a correctement pu contester cette évaluation et, par extension, si une substitution de base légale n’entraîne pas l'impossibilité pour elle d'exercer ce droit.
Ainsi, la décision du Conseil d'Etat a mis en lumière la nécessité pour l’administration de respecter les droits des contribuables, même dans le cadre d’évaluations d'office, ce qui renforce les normes de protection des droits fiscaux en France.