Résumé de la décision
La décision concerne la requête de M. C..., un ressortissant algérien, qui a demandé l'acquisition de la nationalité française par le biais de son mariage avec une citoyenne française, Mme A..., en 2009. Après avoir présenté sa demande en 2014, le Premier ministre a opposé un refus au motif de l'absence d'assimilation, en raison d'assertions de M. C... sur l'inégalité entre les hommes et les femmes, contraires aux valeurs républicaines. La requête de M. C... visant à annuler ce décret a été rejetée, le tribunal considérant que le refus était justifié.
Arguments pertinents
1. Absence d'assimilation :
Le tribunal a conclu que M. C... ne répondait pas à la condition d'assimilation exigée par la loi, notamment parce qu'il n'acceptait pas le principe fondamental d'égalité entre les hommes et les femmes, essentiel dans la société française. Cela est illustré par les propos rapportés dans le compte-rendu de son entretien avec l'agent de la préfecture.
- "M. C... n'accepte pas le principe d'égalité entre les hommes et les femmes, qui est au nombre des valeurs essentielles de la société française."
2. Légalité de l'opposition :
Le tribunal a considéré que l’opposition exprimée par le Premier ministre, fondée sur l'indigence d'assimilation, était légale et totalement fondée compte tenu des éléments du dossier.
- "Dès lors, le Premier ministre a pu légalement se fonder sur ce motif pour s'opposer, par le décret attaqué, à l'acquisition de la nationalité française par M. C..."
3. Irrelevance des erreurs de notification :
La décision a également indiqué qu'une mention erronée dans la notification de refus ne saurait influer sur la légalité de la décision elle-même.
- "La circonstance que la lettre... ait porté par erreur mention... est dépourvue d'incidence sur la légalité du décret attaqué."
Interprétations et citations légales
1. Condition d’acquisition de la nationalité :
Les conditions pour l’acquisition de la nationalité française par le conjoint étranger sont stipulées dans le Code civil - Article 21-2, qui évoque la nécessité d’une communauté de vie permanente et le maintien de la nationalité française du conjoint.
2. Opposition à l'acquisition :
L’article 21-4 du Code civil précise que le gouvernement peut s’opposer à cette acquisition pour motifs d’indignité ou de défaut d’assimilation :
- "Le Gouvernement peut s'opposer par décret en Conseil d'Etat, pour indignité ou défaut d'assimilation... à l'acquisition de la nationalité française par le conjoint étranger..."
3. Valeurs républicaines et assimilation :
Le communiqué du Premier ministre en référence aux valeurs républicaines a été cité pour justifier le refus d'assimilation. Cela démontre l'importance des valeurs fondamentales de la République française dans le processus d'acquisition de nationalité.
Au total, la décision illustre le poids des valeurs fondamentales de la Constitution française dans l'admission à la nationalité, sans marges de manœuvre pour les contraventions aux principes de base tels que l'égalité des sexes.