Résumé de la décision
La société civile immobilière MOG 5 (SCI MOG 5) se pourvoit en cassation contre un jugement du tribunal administratif de Toulon, qui avait rejeté sa demande de décharge de cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2009 à 2011. Cette taxe concernait des places de stationnement acquises par la SCI dans un parking souterrain situé sous la place Jean-Jaurès à La Valette-du-Var. Le Conseil d'État a confirmé la décision du tribunal administratif, considérant que la SCI, bien qu'elle ne soit pas propriétaire de la structure du parking, possède des droits de propriété sur des éléments constitutifs du bâtiment, ce qui justifie l'assujettissement à la taxe foncière.
Arguments pertinents
Le Conseil d'État a considéré que la SCI MOG 5 était effectivement propriétaire des places de stationnement, ce qui la rendait assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties. Il a soutenu que la définition de la "propriété bâtie" selon l'article 1380 et l'article 1400 du Code général des impôts inclut les emplacements détenus par la société :
- Article 1380 du Code général des impôts : "La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées."
- Article 1400 du Code général des impôts : "Sous réserve des dispositions des articles 1403 et 1404, toute propriété, bâtie ou non bâtie, doit être imposée au nom du propriétaire actuel."
Le tribunal a conclu que même si la structure du bâtiment appartient à la commune, la propriété des emplacements est suffisante pour justifier l'imposition à la taxe foncière.
Interprétations et citations légales
Les articles appliqués dans cette décision illustrent le principe selon lequel la notion de propriété bâtie inclut non seulement les structures physiques en elles-mêmes, mais aussi les droits de propriété associés à des parties d'une construction. Le jugement souligne ainsi que :
- Propriété et Imposition : La SCI MOG 5, par ses actes de division et de vente, avait acquis des droits sur des emplacements spécifiques qui doivent être considérés comme des biens immeubles au sens fiscal. Cela correspond à la définition donnée dans le Code général des impôts - Article 1380 et Article 1400, confirmant que toutes les propriétés bâties sont soumises à la taxe foncière, à moins qu'elles ne soient spécifiquement exemptées.
Cette décision rappelle que les droits de propriété, même partiels, sur une structure bâtie peuvent suffire à une imposition fiscale, renforçant ainsi le caractère exhaustif de la taxe foncière en France. La position du Conseil d'État s'appuie sur la nécessité d'une lecture intégrée des textes pour déterminer les obligations fiscales des propriétaires, quel que soit le statut juridique de la structure principale.