Résumé de la décision :
La décision concerne une injonction prononcée par le Conseil d'État le 20 décembre 2017, ordonnant à M. A... de quitter la maison forestière du Danielsrain, appartenant à la commune de Sélestat. Cette injonction était assortie d'une astreinte de 300 euros par jour en cas d'inexécution. M. A... n'ayant pas justifié l'exécution de cette décision dans le délai imparti, le Conseil d'État a procédé à la liquidation provisoire de l'astreinte pour la période allant du 27 janvier 2018 au 14 juin 2018, en fixant le montant de cette astreinte à 50 euros par jour, ce qui totalise 6 950 euros dus à la commune et à l'Office national des forêts.
Arguments pertinents :
1. Exécution de la décision : La non-communication par M. A... des actes justifiant de l'exécution de la décision du 20 décembre 2017, à savoir quitter les lieux, constitue une inexécution de cette injonction. Le Conseil d'État rappelle que, "en cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée" (Code de justice administrative - Article L. 911-7).
2. Impact des procédures en cours : Le Conseil d'État rejette l'argument de M. A... qui se prévaut de procédures contentieuses pendantes, soulignant que ces éléments ne justifient pas son maintien dans les lieux. Contrairement à ses allégations, la décision est exécutoire et M. A... est tenu de la respecter.
3. Tarification de l'astreinte : En tenant compte des circonstances personnelles de M. A..., telles que son absence de ressources et la disponibilité d'office sans traitement, le Conseil d'État modère l'astreinte de 300 euros à 50 euros par jour.
Interprétations et citations légales :
- Le Code de justice administrative - Article L. 911-7 stipule clairement que la juridiction doit agir en cas d'inexécution d'une décision, ce qui a été appliqué dans cette affaire : "En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée." Cela établit une obligation fondamentale pour l'individu de se conformer aux ordres du juge.
- M. A... a tenté de faire valoir que sa situation financière et familiale justifiait son maintien dans les lieux. Toutefois, le Conseil d'État a considéré que les circonstances personnelles, telles que le fait de ne pas disposer de revenus suffisants pour se reloger, n'étaient pas des motifs valables pour justifier l’inexécution de l'injonction. Il a statué que des considérations personnelles ne sauraient influer sur l'exigence d'exécution d'une décision juridique exécutoire.
Ces interprétations soulignent l'importance de l'exécution des décisions judiciaires et le peu de poids que peuvent avoir des circonstances personnelles face à des obligations légales clairement établies. En degrés de priorité, la loi et les décisions de justice prévalent, même face à des situations personnelles difficiles.