Résumé de la décision
La société L'immobilière groupe Casino a formé un pourvoi en cassation contre un jugement rendu par le tribunal administratif de Pau le 24 mai 2017, qui avait rejeté sa demande de décharge des cotisations de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour l'année 2013, relative à un immeuble qu'elle possède dans la commune de Laloubère. La décision de la cour a conduit à l'annulation du jugement du tribunal administratif, en raison d'une erreur de droit dans la prise en compte des dépenses du service public de collecte et traitement des déchets. En conséquence, l'affaire a été renvoyée au tribunal administratif de Pau, et l'État a été condamné à verser 3 000 euros à la société au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit constatée : Le tribunal administratif a commis une erreur en intégrant les dépenses d'acquisition des immobilisations et les frais financiers dans le calcul des dépenses nécessaires à l'exploitation du service d'enlèvement d'ordures. Comme l'indique le considérant 3, "il n'y a pas lieu de tenir compte des données de la section d'investissement, à l'exclusion des dotations aux amortissements".
2. Proportionnalité du taux de la taxe : La cour a affirmé que le produit de la taxe et son taux ne doivent pas être manifestement disproportionnés par rapport aux dépenses réelles de fonctionnement. C'est fondamental pour assurer une juste imposition qui serve à couvrir les dépenses effectivement engagées pour le service public.
Interprétations et citations légales
- Code général des impôts - Article 1520 (I) : Cet article dispose : "Les communes qui assurent au moins la collecte des déchets des ménages peuvent instituer une taxe destinée à pourvoir aux dépenses du service dans la mesure où celles-ci ne sont pas couvertes par des recettes ordinaires n'ayant pas le caractère fiscal." Cet article souligne que la taxe doit avoir pour finalité de financer spécifiquement les dépenses relatives à la collecte et au traitement des déchets ménagers.
- Dépenses O exclusives : Le tribunal a également reconnu que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères vise uniquement à couvrir "les dépenses exposées par la commune pour assurer l'enlèvement et le traitement des ordures ménagères et non couvertes par des recettes non fiscales". Cela implique un contrôle strict des dépenses auxquelles la taxe peut s'appliquer, en restreignant son utilisation à la opérationnelle et excluant les investissements hors amortissements.
Ainsi, la décision de la cour réaffirme l'exigence de proportionnalité dans la fixation du taux de la taxe d'enlèvement des ordures, tout en clarifiant les types de dépenses qui peuvent y être intégrés, conformément aux textes réglementaires.