Résumé de la décision
La décision concernée porte sur un litige entre la société LD Services et l'administration fiscale au sujet de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour l'année 2010. La société LD Services, qui exploitait un magasin sous gérance de la société Babou, contestait l'assujettissement à des suppléments de CFE, soutenant qu'elle devait bénéficier de la position prise par l'administration fiscale antérieurement au sujet de la société Babou. La cour administrative d'appel de Lyon avait d'abord accordé cette décharge, mais le ministre de l'action et des comptes publics a formé un pourvoi en cassation. Le Conseil d'État a conclu que la cour a erré en interprétant le droit et a annulé son arrêt, renvoyant l'affaire à la cour administrative d'appel de Lyon.
Arguments pertinents
1. Contrôle des locaux : L'administration fiscale a estimé que la société Babou avait la disposition des locaux commerciaux pour l'exercice de son activité, justifiant l'intégration de leur valeur locative dans les bases imposables selon l'article 1467 du Code général des impôts.
2. Erreur juridique : La cour a commis une erreur de droit en supposant que les contrats postérieurs à 2008 entre Babou et LD Services pouvaient se référer aux décisions antérieures sans tenir compte du fait qu'aucun jugement sur les conséquences fiscales des nouveaux contrats n'avait été émis par l'administration fiscale.
3. Prise de position de l'administration : Selon l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, la garantie de prise de position par l'administration fiscale ne s'applique qu'aux situations de fait similaires qui avaient été formellement abordées. Dans ce cas, les courriers et décisions citées par la société LD Services concernent des contrats qui n’étaient pas en vigueur lors de l'évaluation.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 80 B du livre des procédures fiscales : Cet article stipule que "La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal...". Cela signifie que pour qu'une prise de position soit applicable, un lien direct et temporel entre la position administrative et la situation des parties concernées doit exister.
2. Article 1467 du Code général des impôts : Cet article établit les principes d'évaluation de la base imposable pour la taxe professionnelle. Il souligne que la valeur locative des locaux doit être intégrée dans la base d'imposition lorsque la société les exploite.
3. Erreur de déduction : La cour a erré en jugeant que le contrat de gérance du 1er mai 2008 était "similaire" aux contrats plus anciens, sans prendre en compte la transition nécessaire entre les situations de fait. Le Conseil d'État a éclairci que "les dispositions antérieures de l'administration ne peuvent présumer de la qualification des contrats futurs s’ils avaient une temporalité distincte".
Cette décision vise à clarifier la notion de "prise de position" et l'application de la loi fiscale en fonction des faits exposés, tout en rappelant que chaque situation doit être évaluée sur la base de ses propres circonstances.