Résumé de la décision
Les requêtes n° 445150 et n° 449419, introduites par M. B..., M. C... et l'Institut de recherches économiques et fiscales, visent à faire annuler une décision implicite de rejet du ministre de l'économie concernant une demande d'abrogation d'une décision de 2001 accordant une indemnité de fonction complémentaire aux membres du Conseil constitutionnel. Le Conseil d'État a jugé ces requêtes irrecevables, considérant que les requérants n'avaient pas la qualité suffisante pour contester cette décision, ce qui a entraîné leur rejet et la non-application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
Les principaux arguments évoqués dans la décision du Conseil d'État peuvent être formulés comme suit :
1. Absence de qualité pour agir : Le Conseil d'État a conclu que la qualité de citoyens français, de contribuables nationaux et de justiciables de M. B... et M. C... n'était pas suffisante pour leur conférer le droit d'exercer un recours pour l'annulation ou l'abrogation de la décision contestée. En effet, la décision du 16 mars 2001 ne dégageait aucun effet sur leurs droits individuels.
> "Les qualités de citoyens français, de contribuables nationaux et de justiciables... ne sont pas de nature à leur donner qualité pour demander l'annulation ou l'abrogation de la décision..."
2. Considération sur l'objet de l'association : Concernant l'Institut de recherches économiques et fiscales, le Conseil a jugé que son objet social ne lui conférait pas d'intérêt direct lui permettant d'agir contre la décision détournée. Le fait que son objet ne soit pas en lien direct avec les décisions gouvernementales prises en matière d'indemnités était déterminant.
> "Un tel objet ne confère pas à l'Institut de recherches économiques et fiscales un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation ou l'abrogation..."
Interprétations et citations légales
L'analyse des différents textes de loi appliqués dans cette décision pourrait être structurée comme suit :
1. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "dans les litiges concernant les recours en annulation pour excès de pouvoir [...] la juridiction peut mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme au titre des frais exposés par la partie perdante." Dans ce cas, le Conseil d'État a refusé d'appliquer ces dispositions car les requêtes étaient irrecevables.
2. Ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 : Bien que non citée directement dans l'analyse des irrecevabilités, cette ordonnance encadre le fonctionnement du Conseil constitutionnel et le cadre des recours éventuels relatifs à son fonctionnement, montrant que les décisions administratives relatives à l'indemnité de ses membres doivent trouver un ancrage solide dans les droits fondamentaux des requérants.
En somme, le Conseil d'État a précisé que pour qu'une personne ou une entité puisse attaquer une décision administrative, elle doit prouver un intérêt direct et personnel à le faire, ce qui n'était pas le cas ici pour M. B..., M. C... et l'Institut de recherches économiques et fiscales.