Résumé de la décision
La société Numalliance a sollicité l'annulation d'un arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy qui avait confirmé un jugement du tribunal administratif de Nancy, rejetant sa demande de réduction d'une cotisation supplémentaire de taxe professionnelle pour l'année 2008. Cette cotisation avait été augmentée en raison de la remise en cause d'un crédit d'impôt, jugé excessif par l'administration fiscale, qui avait déclaré que le montant total des crédits d'impôt obtenus dépassait le plafond fixé par un règlement communautaire. Le Conseil d'État a annulé l'arrêt contesté, concluant que l'administration fiscale n'aurait dû reprendre que la fraction du crédit d'impôt qui excédait le plafond.
Arguments pertinents
1. Sur l'erreur de droit : Le Conseil d'État a conclu qu'il n'était pas correct de reprendre l'intégralité du crédit d'impôt lorsque seul un montant excédant le plafond de 200 000 euros aurait dû être ajusté. Selon le Conseil, la cour a commis une "erreur de droit" en ne tenant pas compte que l'administration n'est pas tenue de reprendre l'intégralité du crédit d'impôt octroyé mais seulement la partie dépassant le plafond.
Citation pertinente : « ... en jugeant que la société n'était pas fondée à soutenir que la reprise du crédit d'impôt octroyé au titre de l'année 2008 devait être limitée à la seule fraction de ce crédit d'impôt excédant le plafond fixé par le règlement du 15 décembre 2006, la cour a commis une erreur de droit. »
2. Règlement communautaire et plafond d'aide : Le jugement souligne que le respect du règlement (CE) n° 1998/2006 doit être pris en compte pour déterminer les aides de minimis. Par conséquent, l'application stricte de ce règlement est essentielle pour garantir que les subventions ne dépassent pas le seuil permis.
Citation pertinente : « lorsque le montant du crédit de taxe professionnelle octroyé à un contribuable (...) entraîne le dépassement du plafond de 200 000 euros fixé par le règlement du 15 décembre 2006, l'administration est tenue de corriger le montant [...] pour respecter ce plafond. »
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article 1647 C sexies du code général des impôts : La disposition de cet article précise que pour bénéficier d'un crédit d'impôt, le montant total d'aides de minimis ne doit pas dépasser 200 000 euros sur trois exercices fiscaux. L'erreur se situe dans l'interprétation des modalités de reprise du crédit. Il est stipulé que :
- Code général des impôts - Article 1647 C sexies : « III. - Pour bénéficier du crédit d'impôt, les redevables indiquent chaque année sur la déclaration [...] le nombre de salariés employés [...] » et « VI. - [...] le crédit d'impôt est subordonné au respect du règlement (CE) n° 1998/2006 [...] ».
2. Règlement de la Commission européenne : Ce règlement fixe le cadre dans lequel les aides, considérées en tant que minimis, doivent être respectées pour éviter toute distorsion de concurrence. Le montant maximum autorisé est clairement stipulé.
- Règlement CE n° 1998/2006 : « Le montant total des aides de minimis accordées à une entreprise ne dépasse pas 200 000 euros sur trois exercices fiscaux. »
En résumé, le Conseil d'État a annulé les décisions inférieures en fondant son analyse sur la distinction entre le montant total des crédits d'impôt et le montant devant être réellement repris, assurant ainsi que seuls les dépassements du plafond de minimis soient affectés.