Résumé de la décision
La société Realnet a saisi le tribunal administratif de Melun pour demander la décharge de cotisations d'impôt sur les sociétés et de taxe sur la valeur ajoutée pour les années 2011 et 2012. Après une demande du tribunal de confirmer le maintien de la requête, qui est restée sans réponse, le tribunal a enregistré un désistement. Le ministre de l'action et des comptes publics a contesté cette décision. La cour administrative d'appel a annulé l'ordonnance du tribunal. En cassation, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi du ministre, confirmant que le ministre n'avait pas été fondé à demander l'annulation.
Arguments pertinents
1. Non-représentation obligatoire : La société Realnet a déposé ses écritures sans l'assistance d'un avocat, malgré l'information préalable sur cette exigence. Ainsi, ces écritures ont été écartées des débats.
2. Confirmation de maintien des conclusions : Selon l'article R. 612-5-1 du Code de justice administrative, le tribunal peut demander au requérant de confirmer le maintien de ses conclusions, avec un délai de réponse d'au moins un mois, présentant la conséquence d'un éventuel désistement. En l'absence de réponse, une ordonnance a été rendue pour constater le désistement.
3. Contrôle du juge : La cour a observé que, malgré les circonstances invoquées sur l’absence d’intérêt à maintenir la demande, le premier juge n’avait pas fait une juste application de l'article R. 612-5-1, la cour n'ayant pas méconnu son office dans l'appréciation des faits.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 612-5-1 du Code de justice administrative : Cet article précise que "lorsque l'état du dossier permet de s'interroger sur l'intérêt que la requête conserve pour son auteur, le président de la formation de jugement peut inviter le requérant à confirmer expressément le maintien de ses conclusions". La décision a mis en avant l’importance de ce texte, indiquant que la cour a jugé que la société Realnet n’avait pas manifesté de désintérêt, d’où l’annulation de l’ordonnance de désistement.
2. Évaluation des circonstances : La cour a considéré que "rien ne permettait de s'interroger sur l'intérêt que conservait la demande", soulignant que le montant des impositions en litige et l'absence de dégrèvement montraient l’intérêt de la société à poursuivre son recours.
3. Sur la dénaturation des pièces : Bien que le ministre ait soulevé un agrément selon lequel la cour aurait dénaturé les pièces en question, le Conseil d'État a conclu que cet argument était basé sur un motif surabondant et n'affectait pas l'issue du litige, confirmant ainsi l’application correcte des règles procédurales.
En somme, cette décision affirme la nécessité de respecter les procédures administratives tout en reconnaissant le droit fondamental d'un requérant à poursuivre son recours quand son intérêt demeure manifeste.