Résumé de la décision
La société REPCCAP a contesté un arrêté créé par la direction générale des finances publiques relatif à un traitement automatisé des données concernant les contrats de capitalisation et d'assurance vie. La requête a été rejetée par le tribunal administratif, qui a confirmé la légalité de l'arrêté. Il a été décidé que l'arrêté ne portait pas atteinte de manière disproportionnée à la liberté du commerce et de l'industrie, particulièrement en ce qui concerne l'accès des notaires aux informations sur les contrats d'assurance vie du défunt.
Arguments pertinents
1. Délégation de signature : Le tribunal a affirmé que M. A...B..., nommé directeur général adjoint des finances publiques, était compétent pour signer l'arrêté en vertu de l'article 1er du décret du 27 juillet 2005, qui permet aux chefs de service et directeurs adjoints de signer des actes relatifs aux services placés sous leur autorité. Ainsi, l'arrêté attaqué a été considéré comme valide.
2. Obligations déclaratives : Selon l'article 1649 ter du code général des impôts, les entreprises d'assurance et organismes assimilés doivent déclarer des informations sur les contrats de capitalisation et d'assurance vie. Le décret du 30 mars 2015 a précisé les modalités de dépôt de ces déclarations, ce qui justifie la création du traitement automatisé mentionné dans l'arrêté.
3. Accès des notaires : Le tribunal a conclu que l'article L. 151 B du livre des procédures fiscales, issu de la loi du 13 juin 2014, permet aux notaires d'accéder à des informations précises pour le règlement des successions. Cette disposition a été vue comme une exception légitime à la protection des données, justifiant l'accès des notaires aux informations détenues par l'administration fiscale.
Interprétations et citations légales
L'arrêté en question repose sur plusieurs textes législatifs et réglementaires essentiels :
1. Code général des impôts - Article 1649 ter : Cet article impose aux entreprises d'assurance et aux organismes assimilés de déclarer la souscription et le dénouement des contrats de capitalisation et d'assurance vie. Cela constitue le fondement légal sur lequel repose l'arrêté contesté.
2. Décret du 30 mars 2015 : Il introduit des précisions sur les obligations déclaratives, établissant que ces déclarations seront traitées dans un cadre automatisé. L'arrêté du 29 février 2016 en découle directement, en précisant le traitement des données personnelles et les catégories de destinataires.
3. Livre des procédures fiscales - Article L. 151 B : Cet article permet au notaire d'obtenir des informations sur les contrats d'assurance vie dans le cadre de l'établissement de l'actif successoral. Ce recours à l'administration est essentiel pour garantir la transparence et la régularité des successions, justifiant le traitement automatisé des données.
Ces différentes dispositions légales montrent que l'ordre public et la nécessité de garantir des droits successoraux prévalent dans le cadre de l'accès aux informations des contrats d'assurance vie, ce qui a pesé dans la balance du jugement rendu, justifiant ainsi le rejet de la requête de la société REPCCAP.