Résumé de la décision :
La décision en question porte sur l'appel interjeté par M. N... et la communauté de communes du Sud contre un jugement du tribunal administratif de Mayotte, qui a annulé les opérations électorales du 28 juillet 2016 ainsi que certaines délibérations associées. Ces élections avaient conduit à l'élection d'un nouveau président et de vice-présidents à la suite de l'annulation des élections précédentes du 9 avril 2016, où Mme C...-F... avait été élue présidente. La cour a confirmé la décision du tribunal administratif, considérant que les opérations électorales du 28 juillet 2016 étaient entachées de nullité car les élus lors des précédentes élections participaient toujours au processus malgré leur situation litigieuse.
Arguments pertinents :
1. Connexité des Conclusions :
Le Conseil d'État a statué que les conclusions concernant l'annulation des délibérations d'installation et les élections des organes de direction d'un conseil communautaire sont connexes aux conclusions qui contestent l'élection du président et des vice-présidents. Ainsi, le Conseil d'État a étendu sa compétence à ces questions, en affirmant qu’il devait trancher l'intégralité du litige.
Citation pertinente : "Les conclusions dirigées contre la délibération procédant à l'installation du conseil communautaire et contre la délibération fixant le nombre des vice-présidents présentent un lien de connexité avec les conclusions relatives à l'élection du président et des vice-présidents de ce conseil communautaire."
2. Effet suspensif de l'appel :
Il a été constaté que l'appel en matière d'élections municipales et intercommunales a un effet suspensif, ce qui signifie que les élus restent en fonction jusqu'à ce qu'une décision définitive soit prise sur le litige.
Citation pertinente : "L'appel formé en matière d'élections contre un jugement d'un tribunal administratif statuant sur une réclamation dirigée contre l'élection du président et des vice-présidents d'une communauté de communes a un effet suspensif."
3. Démission des élus :
La décision insiste sur le fait que la démission des élus doit être respectée selon les prescriptions du code des collectivités territoriales et ne peut être considérée comme définitive tant qu’elle n’a pas été acceptée par le représentant de l'État.
Citation pertinente : "La démission d'un président et de vice-présidents d'un établissement public de coopération intercommunale doit être adressée au représentant de l'Etat dans le département et qu'elle est définitive à compter de son acceptation par ce dernier."
Interprétations et citations légales :
1. Code général des collectivités territoriales - Article L. 2122-13
Cet article prévoit que l'élection du maire et des adjoints d'un organe délibérant d'un établissement public de coopération intercommunale peut être contestée dans les mêmes conditions que celles applicables aux élections municipales. Ce principe établit le cadre juridique dans lequel les contestations électorales doivent être examinées et appliquées, confirmant ainsi la nature suspensive des recours.
2. Code électoral - Article L. 250
Ce texte précise que le recours au Conseil d'État est ouvert aux parties intéressées, impliquant que tant les citoyens que le préfet ont la faculté de contester les décisions des tribunaux administratifs sur les élections, tout en confirmant que les élus conservent leurs fonctions au gré des recours.
Citation pertinente : "Les conseillers municipaux proclamés restent en fonctions jusqu'à ce qu'il ait été définitivement statué sur les réclamations."
3. Application pratique des règles de démission - Article L. 2122-15
Ce passage du code des collectivités territoriales souligne l'importance des formalités de démission et le rôle du représentant de l'État, précisant que l’acceptation de la démission est essentielle pour sa validité.
Conclusion :
La décision du Conseil d'État appuie la nécessité d'une procédure électorale conforme et rappelle que les élus doivent garder leurs mandats jusqu'à ce qu'un jugement ultime soit rendu sur la validité des élections. Cette analyse illustre l'importance de la rigueur juridique dans les processus démocratiques à l'échelle locale, affirmant les garanties des procédures électorales contre les abus et les irrégularités.