Résumé de la décision
La décision concerne un litige entre la société Corsica Sole 3 et l'administration fiscale relative à la déductibilité des amortissements d'une structure métallique de support pour panneaux photovoltaïques, ainsi qu'à son éligibilité au crédit d'impôt pour investissements en Corse. À l'issue d'une vérification de comptabilité, l'administration a contesté l'amortissement dégressif de cette structure, entraînant des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés. Bien qu'un tribunal administratif ait prononcé une décharge partielle, la cour administrative d'appel a accordé une prise en compte d'amortissements complémentaires au titre de l'exercice en question. Le ministre de l'économie, des finances et de la relance s'est pourvu en cassation, contestation qui a été accueillie, entraînant l'annulation des articles 2 et 3 de l'arrêt contesté et le renvoi de l'affaire à la cour administrative d'appel de Marseille.
Arguments pertinents
1. Caractère indissociable et qualification de l'immobilisation: La cour a initialement fondé son raisonnement sur le fait que la structure métallique et les panneaux photovoltaïques étaient matériellement indissociables, impliquant que l'ensemble ouvrait droit à l'amortissement dégressif et au crédit d'impôt. Toutefois, le juge a conclu qu'une telle considération ne suffisait pas à justifier l'éligibilité de la structure, rappelant que l’amortissement dégressif ne peut s’appliquer qu’à des biens qui remplissent certaines conditions légales.
2. Durée d'utilisation: L’appréciation par la cour que la structure métallique puisse bénéficier d’un amortissement reposait sur une lecture erronée des critères de durée d'utilisation. La décision souligne que "un hangar à usage agricole n'entre pas dans la catégorie des bâtiments industriels" et, par conséquent, ne pourrait bénéficier des dispositions favorables d'amortissement dégressif.
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 244 quater E: Cet article définit le cadre des crédits d'impôt pour investissements, précisant que seuls les biens d'équipement amortissables peuvent être pris en compte pour le calcul du crédit. La disposition souligne que "les petites et moyennes entreprises [...] peuvent bénéficier d'un crédit d'impôt" sous certaines conditions : "dans la mesure où [...] il s'agit de biens d'équipement amortissables selon le mode dégressif".
2. Code général des impôts - Article 39 A et Article 22 de l'annexe II: L’article 39 A déclare que l’amortissement dégressif s’applique aux "biens d'équipement [...] autres que les immeubles d'habitation" et les "bâtiments industriels dont la durée normale d'utilisation n'excède pas quinze ans". En citant ces articles, la décision souligne que la structure en question n’équivalait pas à ces prérequis, justifiant ainsi l’inapplicabilité de l’amortissement dégressif.
La décision fait donc une lecture stricte et rigoureuse des dispositions fiscales concernant l'amortissement, en s'appuyant sur une analyse des caractéristiques techniques et fonctionnelles des installations de la société Corsica Sole 3. Cela met en lumière l'importance de la conformité légale dans le cadre des déductions fiscales.