Résumé de la décision
Le Conseil d'État a annulé les articles 1 et 2 des arrêts rendus par la cour administrative d'appel de Paris concernant M. A...C... et l'association Responsable Autonome Solidaire (R.A.S.). Initialement, la cour avait déchargé M. A...C... des cotisations d'impôt sur le revenu et de contributions sociales relativement aux revenus perçus par l'association pour les années 2009 et 2010, considérant qu'elle manquait de personnalité morale faute de déclaration en préfecture. Le Conseil d'État a jugé que cette interprétation était erronée, estimant que la cour avaient dénaturé les éléments du dossier en fondant sa décision sur des références floues de la proposition de rectification de l'administration fiscale.
Arguments pertinents
1. Absence de Déclaration en Préfecture et Personnalité Morale : Le Conseil d'État reproche à la cour d'appel d'avoir conclu que l'absence de déclaration en préfecture d'une association la privait de sa personnalité morale, et par conséquent, de sa capacité à être assujettie à l'impôt sur les sociétés. En ce sens, il souligne que cette déduction ne reposait que sur des éléments imprécis et ambigus de la proposition de rectification.
2. Qualification des Revenus Distribués : La cour a erronément considéré que les sommes tirées de l'activité de l'association n'étaient pas des "revenus distribués". Le Conseil d'État rappelle que, même sans déclaration préalable, l'association peut concevoir des revenus qui doivent être assujettis à l'impôt.
3. Recours Administratif : Le jugement souligne également la nécessité de respecter les exigences légales qui encadrent les associations, essentielles pour la reconnaissance des droits fiscaux.
Interprétations et citations légales
1. Article 2 de la Loi du 1er juillet 1901 :
- "Les associations de personnes pourront se former librement sans autorisation ni déclaration préalable, mais elles ne jouiront de la capacité juridique que si elles se sont conformées aux dispositions de l'article 5."
2. Article 5 de la Loi du 1er juillet 1901 :
- "Toute association qui voudra obtenir la capacité juridique prévue par l'article 6 devra être rendue publique par les soins de ses fondateurs. [...] L'association n'est rendue publique que par une insertion au Journal officiel, sur production de ce récépissé."
Analyse des textes de loi
La décision du Conseil d'État met en avant le fait que, bien que la loi de 1901 permette la formation d'associations sans déclaration préalable, elle impose néanmoins la nécessité de cette déclaration pour bénéficier de la personnalité juridique, condition sine qua non pour l'assujettissement à l’impôt. L'absence de conformité à cette obligation ne devrait pas, in fine, exonérer de façon automatique les dirigeants de l'association de leurs responsabilités fiscales et pénales. Le texte de loi précise clairement les obligations des associations, et toute interprétation, comme celle adoptée par la cour d'appel, qui limite l'imposition à des conditions strictes serait erronée.
Ainsi, l'annulation prononcée par le Conseil d'État repose sur l'idée que les obligations fiscales des membres de l’association existent indépendamment de l'acquisition de la personnalité morale, un aspect fondamental pour le droit fiscal.