Résumé de la décision
La société Hulia, spécialisée dans la location de biens immobiliers, a acquis en 2005 un ensemble immobilier pour 503 000 euros, puis l'a revendu en 2006 pour 400 000 euros. À la suite d'une vérification de sa comptabilité, l'administration fiscale a considéré que l'acquisition avait été réalisée à un prix excessif, constituant un acte anormal de gestion, et a donc remis en cause la déductibilité des amortissements et la constatation d'une perte exceptionnelle. Le tribunal administratif a rejeté la demande de la société, décision que la cour administrative d'appel a confirmée. La société a alors formé un pourvoi en cassation. La décision finale du Conseil d'État a rejeté le pourvoi, confirmant que l'administration avait correctement établi la preuve de l'écart significatif entre le prix d'acquisition et la valeur vénale de l'immeuble.
Arguments pertinents
1. Évaluation de valeur vénale : La cour a jugé que l'administration avait le droit de comparer le prix d'acquisition de l'immeuble à sa valeur vénale, en se basant sur la transaction d'une vente similaire. Cela est conforme aux principes établis dans le cadre des actes anormaux de gestion, qui stipulent que le contribuable doit justifier l'intérêt de l'acquisition à ce prix.
> « ...la cour n'a pas commis d'erreur de droit en comparant le prix d'acquisition de l'immeuble litigieux à sa valeur vénale en 2005. »
2. Charge de la preuve : Le Conseil d'État a confirmé que l'administration a effectivement démontré un écart significatif et que la société n'a pas apporté d'éléments attestant de l'intérêt de l'acquisition au prix convenu, qualifiant ainsi l'acte d'anormal de gestion.
> « ...l'administration avait apporté la preuve, qui lui incombait, d'un écart significatif entre le prix convenu et la valeur vénale de l'immeuble acquis par la société. »
3. Motivation de la décision : Il a été établi que la cour n'était pas tenue de prouver l'intention libérale et que la motivation de sa décision était suffisante. Ainsi, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation a été jugé inopérant.
> « ...le moyen tiré de ce que la cour aurait insuffisamment motivé sa décision et commis une erreur de droit en omettant de rechercher si l'intention libérale était caractérisée doit être écarté comme inopérant. »
Interprétations et citations légales
Les décisions du Conseil d'État se fondent sur des principes tirés du Code général des impôts, notamment :
- Code général des impôts - Articles 38 et 209 : Ces articles déterminent le bénéfice imposable et définissent ce qui constitue un acte anormal de gestion. Un acte qui entraîne un appauvrissement de l'entreprise sans intérêt pour celle-ci est considéré comme anormal.
> « Constitue un acte anormal de gestion l'acte par lequel une entreprise décide de s'appauvrir à des fins étrangères à son intérêt. »
En matière de preuve, la décision souligne que lorsque l'administration soulève la question de la valeur vénale, le contribuable doit prouver que l'achat à un prix supérieur à cette valeur était dans son intérêt :
- Code général des impôts, règle d'évaluation : L'administration fiscale peut s’appuyer sur des transactions récentes pour établir la valeur vénale sans se limiter aux transactions antérieures à la date d'acquisition.
> « ...la cour n'a pas commis d'erreur de droit en jugeant que l'administration disposait, pour déterminer la valeur vénale en février 2005 de la propriété de Courtenay, d'un terme de comparaison fiable. »
En résumé, le Conseil d'État a validé la position de l'administration fiscale en tant que correcte sur le fondement de l'évaluation et de la charge de la preuve en matière d'actes anormaux de gestion.