Résumé de la décision
La SAS Cora conteste l’ordonnance rendue le 28 mars 2017 par le président de la 1ère chambre du tribunal administratif de Montreuil, qui avait donné acte de son désistement d'instance concernant une demande de décharge de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères pour l'année 2013. La société argüe qu'il existait une confusion due à l’enregistrement d’une autre demande pour l’année 2014. Le tribunal a donné raison à la société Cora, annulant l'ordonnance contestée et renvoyant l'affaire au tribunal administratif de Montreuil, avec une condamnation de l’Etat à verser 1 000 euros à la société au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
Les principaux arguments de la décision se fondent sur l'erreur de droit commise par le président de la 1ère chambre du tribunal administratif. En effet, celui-ci a mal interprété les écritures de la SAS Cora :
1. Mauvaise interprétation des écritures : Le tribunal a statué sur le désistement sans que la société Cora ait effectivement exprimé sa volonté de se désister de l’instance relative à l'année 2013. Cela démontre une méconnaissance des pièces du dossier.
2. Non-communication d’un désistement : Le constat que l'enregistrement d'une demande distincte pour l'année 2014 prouve que la société n’avait pas l'intention de se désister de sa demande pour 2013. Selon l'ordonnance, « la société n'a saisi ce tribunal d'aucune écriture faisant état de sa volonté de se désister de l'instance ».
3. Conséquences de l'erreur : L'annulation de l’ordonnance était nécessaire pour rétablir la situation juridique de la SAS Cora, ce qui justifie également l'allocation de frais au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Interprétations et citations légales
La décision repose sur une interprétation stricte des règles de désistement d'instance, notamment en vertu des dispositions suivantes :
- Code de justice administrative - Article R. 222-1 : Cet article permet au président de formation de jugement de donner acte des désistements, mais cela présuppose une déclaration claire et effective du désistement par la partie concernée. La formulation de l’article stipule que le président doit examiner les écrits pour vérifier la volonté des parties.
- Énoncé clé de l'ordonnance : Il est relevé que la socité Cora n'avait pas formellement fait état d'un désistement. Cela implique que, pour un désistement à être valable, il doit être explicite et reconnu par le tribunal. La requête pour l'année 2014 montre une continuité de l’engagement de la société dans la question litigieuse.
Du fait de cette erreur de droit, résultant de la méconnaissance des pièces du dossier et de la volonté de la parte, le jugement a reconnu la nécessité de corriger cette situation par l'annulation et le renvoi de l'affaire, réaffirmant le principe de protection des droits des contribuables en matière de litiges fiscaux.