Résumé de la décision
Dans cette affaire, les consorts E... ont demandé l'annulation d'un arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy qui avait rejeté leur appel contre un jugement du tribunal administratif de Strasbourg. Ce jugement avait déclaré prescrite leur demande d'indemnisation pour préjudices liés à la contamination par l'hépatite C de M. H... E..., décédé en 2000 après avoir reçu des transfusions à l'hôpital en 1981. La cour de cassation a annulé l'arrêt de la cour d'appel, concluant que la demande d'indemnisation, introduite en 2010, n'était pas prescrite, et a renvoyé l'affaire à la cour d'appel tout en assignant à l'ONIAM le versement d'une somme de 3 000 euros aux demandeurs au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Prescription de l'action en indemnisation : La cour a apporté un éclairage sur le délai applicable à la demande d'indemnisation, constatant que la prescription applicable était celle de dix ans à compter de la date de consolidation du dommage, c’est-à-dire le décès de M. E... en 2000. Elle a affirmé que « la demande d'indemnisation a été présentée moins de dix ans après cette date et n'était donc pas prescrite. »
2. Applicabilité des nouvelles dispositions légales : La décision souligne que, bien que les dispositions légales en matière de prescription aient été modifiées par la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016, ces changements s'appliquaient puisque « l'arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy du 9 avril 2015 n'est pas devenu irrévocable ». Cela signifie que le nouveau délai de prescription a pu s'appliquer même après l'annulation de la décision précédente.
Interprétations et citations légales
1. Code de la santé publique - Article L. 1142-28 : Cet article stipule que « les demandes d'indemnisation formées devant l'Office national d'indemnisation [...] se prescrivent par dix ans à compter de la consolidation du dommage », ce qui a été déterminant pour évaluer la validité de la demande d'indemnisation des consorts E....
2. Application des dispositions nouvelles : La cour a clarifié que, bien que les modifications de prescription soient intervenues après le jugement initial, « il y a lieu d'appliquer au litige le délai de prescription de dix ans » car aucune décision de justice irrévocable n'avait été rendue au moment de la saisie de l'ONIAM.
Cette décision démontre ainsi l'importance des délais légaux en matière d'indemnisation et leur application même dans des contextes où les normes étaient sujettes à évolution, reflétant l'intention du législateur de garantir le droit à indemnisation dans un cadre temporel raisonnable pour les victimes.