Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. A... B..., gérant et unique associé de l'EURL Ben Autos, contestait des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales imposées pour les années 2007 et 2008, à la suite d'une vérification de comptabilité. La cour administrative d'appel de Lyon avait accordé une décharge partielle de ces impositions, arguant que le dégrèvement des suppléments d'impôt sur les sociétés devait entraîner la décharge des cotisations personnelles de M. B.... Cependant, le ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance a formé un pourvoi en cassation. Le Conseil d'État a annulé les articles contestés de l'arrêt de la cour d'appel, statuant qu'une erreur de droit avait été commise sur le lien entre le dégrèvement de l'impôt sur les sociétés et l'imposition à l'impôt sur le revenu. L'affaire a été renvoyée à la cour administrative d'appel de Lyon.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit : La décision souligne qu'en considérant que le dégrèvement des suppléments d'impôt sur les sociétés au bénéfice de l'EURL Ben Autos impliquait nécessairement la décharge des impôts et contributions de M. B..., la cour administrative d'appel a commis une erreur de droit. Le Conseil d'État affirme que "le dégrèvement prononcé par l'administration des suppléments d'impôt sur les sociétés mis à la charge d'une entreprise est, par elle-même..., sans influence sur l'imposition de l'associé de cette entreprise à l'impôt sur le revenu".
2. Invoquer une première fois les arguments : M. B... ne pouvait pas, en cassation, se baser sur l’instruction de 1995 pour soutenir sa position, car il ne l'avait pas fait précédemment. Cela illustre l'importance du principe de la loyauté des débats et de la nécessité de soulever tous les arguments en première instance.
Interprétations et citations légales
1. Article 109 du Code général des impôts : Cet article définit les revenus considérés comme distribués, énonçant que "Sont considérés comme revenus distribués :... Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital". Cela démontre que le lien entre les Bénéfices d'une société et les revenus distribués dépend essentiellement de la nature de ces bénéfices.
2. Article 110 du Code général des impôts : Cet article précise que les bénéfices s'entendent de ceux retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. Cela synthétise le raisonnement sous-jacent à la décision, qui repose sur la dissociation entre l'imposition de la société et celle de l'associé.
3. Conséquence de l'erreur de droit : Le Conseil d'État insiste sur l'absence de lien direct entre le dégrèvement de l'impôt sur les sociétés et les impositions personnelles, affirmant que "le dégrèvement prononcé... est sans influence sur l'imposition de l'associé de cette entreprise". Cette interprétation est cruciale pour appréhender la notion de responsabilité fiscale des associés.
En conclusion, cette décision du Conseil d'État illustre des principes importants en matière d'imposition et clarifie les conséquences fiscales des distributions de bénéfices d'une société, tout en renforçant la nécessité de soulever tous les arguments juridiques et de respecter le cadre procédural.